III
avait préparé la Grèce à un mouvement décisif de progrès. L'œuvre de la délivrance, accomplie par les armes, n*y contribua pas moins, malgré les difficultés et les obstacles inhérents à la transformation politique et sociale. La révolution française avait donné la première impulsion à l'idée libératrice. La Russie, dont le but politique a toujours été rafTaiblissement, le démembrement de l'empire turc, se montra favorable à la cause des Grecs, mais elle y mit moins de désintéressement que d'ambition personnelle, elle prouva toujours qu'elle n'avait d'autre guide que son intérêt : de là son ingérence continue dans les affaires d*Ôrient, la protection qu'elle affiche et réclame sur ses coreligionnaires grecs, et sa menace perpétuelle d'intervention, qui ne peut manquer de devenir un jour effective et définitive. »
Pendant que Napoléon I*' bouleversait TEurope par ses victoires, Sélim m se livra d*abord à l'influence anglaise et russe; mais après Austerlitz, il se laissa entraîner à la politique du conquérant; alors la Russie lui déclara la guerre, et envahit la Bessarabie, la Moldavie et la Valachie, pendant que la flotte anglaise forçait rentrée des Dardanelles, et jetait l'ancre devant Constantinople. Sélim fut détrôné par les janissaires; son successeur, Mustapha lY, le fit étrangler, et périt bientôt lui-même d'une mort semblable à la suite d'une révolte. Le traité de Bukharest en 1809 assura à la Russie le protectorat des principautés danubiennes. Les Grecs profitèrent de ces conflits pour étendre partout leur commerce, déjà florissant, et pour préparer dans l'ombre leurs projets d'affranchissement ; ils bravaient le blocus continental et faisaient une contrebande aussi active que fructueuse. Une sorte d'intimité s'établit entre la Turquie et l'Autriche; les Grecs