‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 3 sur 300 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

TEurope par l'Église et par les moines ^ Qui donc arrêta Attila aux portes «de Rome, si ce n'est le pape Léon le Grand? N'est-ce pas un autre pape, Grégoire le Grand, qui tenait tête aux Lombards par sa prudente fermeté, en même temps qu'il convertissait les Anglo- Saxons par ses missionnaires , et détruisait l'arianisme chez les Wisigoths ? De plus, il abolissait Fesclayage, sauvait Rome de la famine, fondait des écoles, recueillait les chants religieux qui portent son nom, et trouvait encore le temps, au milieu de tant de travaux, d'écrire de nombreux ouvrages.

Dans les premiers siècles de l'Église , le danger des voluptés romaines avait fait fuir aux déserts de la Thébalde une foule de chrétiens qui cherchaient leur salut dans la pénitence et la contemplation. En Occident, la vie monastique prit un caractère plus actif et plus pratique ; saint Benoit de Nursie fonda, au quatrième siècle, la célèbre abbaye du Mont-Gassin , sur la route de Rome à Gapoue, et donna à ses moines ces fiE^meuses règles qui furent adoptées par tous les monastères de l'Europe, c La règle bénédictine était humble et courte, mais elle embrassait le travail qui subjugue la terre, la prière qui est maîtresse du ciel, la charité qui conquiei*t les hommes : elle rendait aussi à l'humanité l'empire de soi-même et de toutes choses ; la règle pourvoyait à l'enti^etien d'une bibliothèque conventuelle : bientôt l'usage y joignit les fonctions de l'enseignement. Les chartes déposées dans les archives devinrent les jalons des premières chroniques. Les légendes des saints y jetèrent les reflets d'une poésie nouvelle. D'un autre côté , et au nord de l'Italie , au milieu même de ces

■ Histoire de la eiviliiotUm en France et en Europe.

Lombards si redoutés, la colonie monastique de Saint- Golomban apportait à Bobbio les traditions savantes de rirlande. Ainsi, le feu sacré des lettres s'entretenait sous la garde de Taustère virginité du cloître. Quoi d*étonnant si les moines conservèrent l'antiquité? Us étûent Tantiqui té même >. »

Quand Gharlemagne voulut ressusciter l'empire d'Occident, ce fut à Rome, de la main du pape Léon III, qu'il alla recevoir la couronne, aux acclamations du peuple. Ce fut à l'Italie qu'il demanda les savants dont il aimait à s'entourer, pour fonder des écoles ; Paul Diacre, Pierre de Pise et Alcuin furent des conquêtes qu'il savait apprécier. U aurait voulu, disait-il, douze hommes comme saint Jérôme et saint Augustin pour renouveler la face du monde.

Le neuvième et le dixième siècle sont les plus durs que l'Italie ait eus à subir pendant le moyen âge : la faiblesse des successeurs de Gharlemagne y produit un démembrement général, dont chaque seigneur, duc ou prince, profite pour se rendre indépendant, ou disputer la couronne à ses rivaux; la dissolution est complète : plus de nation, rien que des princes féodaux, qui deviennent de petits souverains. Plusieurs villes, Gênes, Venise, Amalû, se fortifièrent et restèrent indépendantes. Les Hongrois franchirent les Alpes en 900, et renouvelèrent les ravages des premières invasions, tandis que les Sarrasins, maîtres de la Sicile , s'établissaient dans l'Italie méridionale , et couraientjusqu'auxportesde Rome. Bérenger, marquis d'Ivrée, qui avait pris le titre de* roi d'Italie, résistait de son mieux à tant d'ennemis, et périssait sous le poignard d'un assassin.

* Okaium, Danie et la phihnphie catholique, p. 27.

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