‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 49 sur 300 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

la religion et la saine philosophie : ce sont les mêmes principes que Bossuet a développés dans sa Politique tirée de ^Écriture sainte. On aurait tort de traiter d'utopie ces règles qui visent à la perfection , car si l'humanité ne peut jamais y atteindre , on ne peut nier que ce but idéal ne soit sa véritable destinée , et que tout- enseignement ne doive toujours y tendre. Le style de Botero n'est pas à la hauteur de ses conceptions : négligé, diffus et incorrect, il fait tort à la valeur de ses œuvres.

Gianotti (1494-1563) est un politique de l'école de Machiavel, et, de préférence à lui, il fut nommé gonfalonier à Florence après avoir été secrétaire du conseil. Il écrit mieux que Botero ; dans ses deux ouvrages sur la République de Venise et la République florentine ^ il établit que le pouvoir doit s'appuyer sur la force, condition principale de durée; il conseille bien la sagesse et la justice, mais il les subordonne à l'intérêt; c'est plus moral que Machiavel, mais beaucoup moins que Botero.

Le Vénitien Paru ta (1540-1598) se montre en politique le partisan déclaré de la morale, et s'il n'attaque pas Machiavel, il le réfute indirectement en prenant le contrepied de ses dangereux principes. Dans ses deux ouvrages la Perfection de la vie politique et les Discours politiques, il trace le modèle du citoyen et de l'homme d'État, et prouve, autant par la théorie que par l'exemple, que la vertu seule peut conduire au bonheur et à la prospérité. Heureux les peuples et les individus, s'ils savaient se conformer à ces sages préceptes, qui, à eux seuls, pourraient les préserver de la corruption et de la décadence ! V Histoire de Venise de Paruta est empreinte de la même philosophie saine et pure; il sait tirer des faits historiques un enseignement élevé, en montrant la corrélation des causes et des effets.

n LITTÉRATURE ITALIENNE.

Homme d*État, sénateur, historiographe, gouverneur de Brescia, 11 avait acquis dans la pratique des afiaires cette expérience qui donne de la valeur à ses livres. On trouve dans ses discours des idées neuves, des rapprochements entre les temps anciens et les modernes, dont Montesquieu, dit-on , a profité dans son livre sur la Grandeur et la Décadence des Romains; il n'a manqué à Paruta qu'un peu plus de force et de style pour devenir un grand écrivain.

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