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CHAPITRE SEPTIÈME

qu'heureuse; outre des élégies, des satires, des églogues, des sonnets, des hymnes, il se lança dans le poëme héroïque ; son Avarchide, qui n*est autre chose que le siège de Bourges (Avaricum) , est un calque complet de Y Iliade pour le plan, les événements et les détails ; mais les héros grecs sont travestis en chevaliers de la Table ronde ; on ne peut pas être plus ridiculement imitateur.

Baldi (1553-1617) occupe une place assez honorable par son poème sur la Navigation {laNauiica); il y décrit la construction du vaisseau , ses courses en mer, au milieu des tempêtes et des périls , l'invention dé la boussole , les résultats du commerce jnaritime, toutes les péripéties d'une vie de marin; il y a des tableaux brillants, d'agréables épisodes, des connaissances variées. Baldi était très- versé dans les langues (il en savait quatorze), les mathématiques et le droit canon. On a de lui beaucoup de poésies lyriques, œuvres de sa jeunesse, et de nombreux sonnets, dont cent six sont consacrés aux principales fêtes de l'année.

Tansillo (1510-1568) a chanté la propriété champêtre dans le Podere, et la nourrice dans la Balia; avant Rousseau, il recommande aux mères de nourrir elles-mêmes leurs enfants. Ce poète manque souvent de goût, de mesure; il fait un grand abus de sa facilité et prodigue le bel esprit : ces défauts sont surtout remarquables dans son poème en quinze chants les Larmes de saint Pierre, qui ne porta pas bonheur à Malherbe dans l'imitation qu'il en ât en composant la Pénitence de saint Pierre.

Girolamo Musio (1496-1576) est surtout connu par son Art poétique, recueil de préceptes à l'usage des poètes italiens; peu après, Vida composait le sien pour lès muses latines.

Musio a dans ses jugements une indépendance qui Thonore; il y joint la finesse et l'originalité; mais, comme il est plus facile de donner des lois que des exemples, il est assez faible dans ses ÉpUres et ses Rime, où le bel esprit remporte sur le jugement et le goût. Musio se distingua aussi par des écrits de polémique ardente contre les hérétiques et les protestants.

Pour être complet sur le genre qui nous occupe, il faut citer la Séréide de Tesauro ; c'est un poëme consacré au ver à soie; — la Chasse de Scandiano, imitation des ouvrages sur le même sujet par Xénophon et Oppien; — la Chasse a encore été traitée en vers par Yalvasone , avec plus de charme et de variété. — Rosso mît en neuf livres et en tercets la Physique d'Aristote : prisonnier des Médicis» ce fut l'œuvre de sa captivité; la sécheresse du sujet n'est pas rachetée par le talent de l'écrivain. — Gornazano chanta lourdement VArt militaire elYArt de régner, et n'apprit rien de neuf à personne.

La poésie lyrique, pauvre et languissante au quinzième siècle, se voua tout entière, au seizième, à l'imitation de Pétrarque ; c'était sans doute un beau modèle, mais imiter n'est pas créer ; c'est le plus souvent une preuve de stérilité et d'impuissance. La langue italienne, par sa grâce, son harmonie, sa richesse musicale, se prête mieux que toute autre à la forme du vers ; c'est un appÂt dangereux pour la médiocrité ; aussi ne se fit-elle pas faute de s'y jeter à corps perdu ; versificateurs et rimeurs se mirent à l'œuvre. Pendant que de savants critiques déchiquetaient l'œuvre du maître, l'expliquaient dans de lourds commentaires, une foule de poètes, insipides pour la plupart, rebattant les mêmes idées, les mêmes images, les mêmes jeux de mots et d'esprit, se lancèrent dans le pétrar^

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