CHAPITRE SEPTIEME
jours, il en reste dix, tirées la plupart de Plaute, mais adaptées aux mœurs scandaleuses du siècle ; on pourrait y ajouter une soixantaine de tragédies ou représentathns, tant sacrées que profanes : mélange bizarre de dévotion et de libertinage. Trois pièces de Francisco d'Ambra, il Furlo, 1 Bemardi et la Toffannaria, sont considérées comme les meilleures comédies d'intrigue de Fépoque : les scènes sont bien menées, les situations produites avec art, et il
en sort des incidents fort comiques.
Si les Italiens n'ont pas su s'élever à la comédie de mœurs et de caractère , s'ils se sont bornés à ces intrigues embrouillées, dépourvues d'observation et de moralité, lisent au moins, dans ce genre, un dialogue vif et amusant, soutenu par un bon style ; mais, dans la tragédie, le bon sens et Fart leur font complètement défaut; ils empruntent servilement aux anciens les sujets et les ressorts tragiques , sans les adapter au sentiment moderne. De là un entassement de tableaux affreux, descènes sanglantes, hideuses, révoltantes, qui répugnent au goût et à la raison ; les morts et les mourants remplissent la scène ; on y fait rouler les tètes, on y apporte des membres en lambeaux, le tout au milieu des métaphores fleuries et des chœurs lyriques : voilà ce qu'on voit dans la Canace de Sperone Speroni, dans VOrheecheAt Giraldi, dans VAcripanda de Decio da Orte ; voilà ce qu'on couvrait d'applaudissements et d'éloçes. Quelques beaux esprits savaient se garder un peu mieux de ces excès ; nous avons parlé de la S^honitbe du Trissin, de la Rasmunda de Ruccellai et du Torritmando du Tasse ; sans être des chefs-d'œuvre, c'est ce qu'il y a de mieux sur la scène tragique au seizième siècle; les autres manquent d'invention, de mesure, de ui. 9
vrai sentiment dramatique. Le sujet de Mén>pe est traité par trois auteurs, celui de Télesphonie a le même honnear sous la plume de Gavalerino, de Liveria et de Torelli. Une plus longue liste, pour être plus exacte, n'ajouterait rien à l'intelligence de notre histoire.