‹ Histoire des littératures étrangères (volume 2)Chapitre 71 sur 300 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

furent bons pour amuser et plaire. Les comédiens, qui y trouvaient profit et facilité, secondèrent ce mouvement de décadence , que favorisait encore l'abaissement des mœurs et la futilité de l'esprit public.

Les prosateurs du seizième siècle sont moins nombreux que les poètes. Hacbiavel reste le premier en date et en talent : il est le chef d'une école politique et historique qui s'attache surtout à l'étude des faits, aux principes qui découlent de l'observation et de l'expérience, sans se préoccuper assez des droits imprescriptibles de la morale ni des règles de la conscience. Les guerres civiles, les rivalités d'ambition, les intrigues des cours avaient produit ce triste résultat de ne plus voir que le succès , et de le chercher par tous les moyens. De là ces attentats continuels, ces séditions, ces vengeances où les menées souterraines, le poignard et le poison étaient mis en œuvre. C'est à un acte de ce genre que Lorenzino de Médicis a dû sa réputation littéraire : il assassina son cousin Alexandre de Hédicis , tyran cruel et débauché , dans un guet-apens qu'il lui avait tendu , et se réfugia à Venise où il périt luimême par le fer. Pour se disculper de son crime , il écrivit une Apologie qui ne le justifie en aucune manière , mais dont l'éloquence véhémente a été fort admirée par la critique moderne.

Les œuvres de François Yettori sont aussi une exhumation récente, qui jette un jour intéressant sur l'époque de Machiavel, dont il était l'ami intime. Dévoué aux Médicis, il les servit habilement comme ambassadeur auprès de Maximilien , de Léon X et de François l*' : ce dernier lui faisait même une pension. Sa correspondance avec Machiavel est curieuse à lire , tant pour connaître ces deux hommes que l'esprit et les tendances de l'époque. Il a fait de

plus une histoire d'Italie {Sommariù délia SUtri» dUlalia), qui embrasse l'ensemble des événeinents de la péninsule de 1511 à 1527.

Hais le grand historien du seizième siècle est Francesco Guicciardini (1482-1540), né à Florence d'une famille qui avait eu de nombreux ancêtres dans la magistrature et la politique. Son Bùtare tf Italie compte parmi les oufrages les plus importants du siècle, et elle jouit depuis longtemps d'une estime universelle; mais no vif intérêt s'est attaché depuis peu à la publication de ses Œuvra inidila. qu'il avait léguées à sa famille avec défense de les livrer au public. On y trouve ses Atcordî (Mémoires), qui sont des souvenirs personnels, une autobiographie sincère où il se peint au naturel. Guichardin commença ses études à Flo> rence, puis les continua à Pise et à Padoue; il devint avocat, et, dès l'Age de vingt-sept ans, il s'essaya dans l'histoire en écrivant celle de Florence, que les OEuvrts inidittt nous ont donnée pour la première fols. Il entra bientèt après dans la carrière diplomatique, d'abord sous le gouvernement de Soderini , puis sous les Médicis , qui le main> tinrent dans son ambassade auprès de Ferdinand le Calbolique. Léon X, appréciant ses talents, l'attira près de lui et le fit gouverneur de l'Emilie. Sous Clément VII, il fut chargé d'apaiser les troubles de la Homagne, comprima la révolte de Bologne et conserva cette ville au souverain Ponlite. M^s bientôt la rivalité de Charles-Quint et de FrarH'ois I" mit l'ilalie en feu ; Guiclinrditi poussa le pape à fiiire alliance avec la France, et tes baiiiliv <liiconnétal^ de Bourbon vinrent mettre à sac la Ml ti^llc; CU-

ment VII fut fait prisonnier d les Sli.i ifi^deWff-

rencc. Obligé de fuir, Guichardin ■ cette ville pour plaider la cause do '

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