CHAPITRE IX
DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
Caraclère littéraire du dix-septième siècle. Les Seicentisti. — Marini et le genre tnarinesque. Son Adone, — AchiUini. — Chiabrera. — Te^ti.
— Redl. — Guidl. — Filicaja. — Tassoni : la Secchia rapita. — Bracciolini. — Lippi. — 'Minocd. — Lalli. — La Satire: Boccalini. — Allegri. — Errico. — Adimari. — Menzini. — Salyator Rosa. — lA Tragédie : Bonarelli. — Doltori. — Caraccio. — La Comédie : Bnonarotti. — Porta. — L'Histoire : Sarpi. — Pallayidni. — Davila.
— BentiTOglio.
La fin du seizième siècle nous a fait pressentir la décadence du goût littéraire en Italie ; le dix-septième tout entier va nous en montrer le développement et les preuves. Jusque vers 1730, nous traversons une période aride, d*autant plus désolante que ce n*est pas la stérilité , car les écrivains abondent plus que jamais ; mais c'est le règne de la médiocrité, le triomphe du faux goût, de l'imitation maladroite. On peut dire des nations ce que Corneille disait d'un grand homme : montées sur le faite, elles aspirent à descendre. L'esprit humain ne se maintient jamais longtemps sur les sommets. Les grandes vues du génie ne peuvent s'arrêter qu'un moment au sublime; la faiblesse, inhérente à la nature de l'homme, reprend bien vite ses droits; le jugement se trouble, le goût s'altère, et la sphère de la pensée se rétrécit de plus en plus.
L'Italie subit le sort des développements précoces : la sève puissante de sa jeunesse fit place à l'étiolement : tandis que la France, plus lente et plus tardive, s'épanouisni. 40
4iG LITTÉRATURE ITALIENNE.
sait dans toute sa force sous le pouvoir énergique de Richelieu et de Louis XIY, Tltalie, privée de vie politique et d*élément8 réparateurs, allait s'affaissant de plus en plus dans une dégradante inertie. L*Espagne victorieuse Tétouffait sous prétexte de la protéger; elle lui enlève toute vie propre; les petits souverains ne conservent leur pouvoir qu'à la condition d'être ses satellites dévoués : ce n*est partout que tyrannie et oppression. La pensée doit se plier à ce joug uniforme : aucune vigueur, aucun élan; faute d'idées, on s'attacbe aux mots, à la forme; on recherche les fleurs du langage, les jeux de mots, les faux brillants : c'est le règne des cancetU; l'oracle du goût, ce sera le Napolitain Marini, qui insulte impunément au bon sens, et dont les extravagances ridicules ne rencontrent que des admirateurs. Il aura une école, l'école marinesque^ dont plus tard l'Italie rougira, de même qu'elle fera un terme de mépris du nom de sekentistV^ donné aux écrivains de ce siècle. Mais si les lettres dégénèrent, les sciences sont en progrès sensible, malgré les obstacles et les préjugés de la routine. Galilée est obligé, il est wai, de faire amende honorable pour avoir prouvé le mouvement de la terre , mais sa découverte lui survit : son dernier mot dément sa rétractation forcée : Epurn muove. Gassini, enlevé à l'Italie par Golbert, ' yient organiser l'observatoire de Paris; Torricelli, disciple de Galilée, fait faire un grand pas aux sciences mathématiques et physiques.
Guarini, mort en 1613, peut être placé à la tète des seieenHsH, dont il inaugure le genre maniéré et précieux. Le brillant succès de son Poster fiâo fut un pernicieux exemple ; on imita mieux ses défauts que son talent, et le mauvais goût déborda sans contrainte ; Marini parut :
I De miiU sHeento, mU six cent : nom du dix-septième siècle.