‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 101 sur 191 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

rables; mais il avait pour lui le roi et la Chambre des pairs , sous sa taille longue et mince, ses cheveui blonds, son air de jeunesse, il cachait une fermeté virile, une audace peu commune; il en appela à lopinlondu pays, et obtint du roi la dissolution des Communes. Le pays répondit à cette confiance en envoyant une nouvelle Chambre qui lui donnait une forte majorité, et ii put travailler sans obstacle à la prospérité du pays.

Mais en 1788 Georges III fut frappé d*a1iénation mentale, et la position de Pitt fut un moment ébranlée par les efforts de son rival, de Fox, qui aspirait à le remplacer. Fox savait que le prince de Galles, héritier de la couronne, était l'ennemi de Pitt, et appartenait à l'opposition; il fit tous ses efforts pour lui faire décerner la régence. Un grand débat s'engagea, où l'éloquence des deux adversaires déploya toutes ses ressources. Fox soutenait que le pouvoir était vacant par la maladie du roi, et qu'il revenait de droit à son successeur. « L'état malheureux du roi, dit-il, est une sorte de mort civile. Dans le droit ordinaire, un pareil état ouvre, au profit du successeur légitime, tous les droits qu'il peut avoir. Ainsi tous les droits de la couronne sont dévolus au prince qui doit hériter de Georges III. »

Pitt réfuta cet argument avec une précision, une force admirable, c Le comité, dit-il, peut-il considérer la maladie du roi, accident d'une nature connue etsouvent passagère, comme une mort civile? Non, certes. S'il y avait en ce moment telle chose qu'une mort civile^ S. A. R. le prince de Galles monterait immédiatement sur le trône, avec la plénitude des prérogatives royales, et non pas avec le titre de régent; .car la mort civile, comme la mort naturelle, est irrévocable et permanente... Peut-on argumenter de

Page 1