II
ce malheur comme d'un acte qui prive, à Favenir, Sa Majesté de Texercice des pouvoirs, dont elle n'a jamais abusé, et auxquels elle n'a jamais renoncé ? »
Le débat, en s'animant, devint bientôt personnel, car Fox ne voulait renverser le ministre que pour prendre sa place. Il accusa celui-ci d'ambition personnelle, oubliant que la sienne n'était pas moins en jeu. Pitt se dérendit de cette accusation avec une grande dignité. « Le très-honorable gentilhomme m'accuse d'agir par un mauvais esprit d'ambition, et de ne pouvoir supporter l'idée de perdre ce ministère que j'ai si longtemps gardé ; il m'accuse de ne point espérer la faveur du prince, parce que je m'en crois indigne, et dès lors d'envier, d'entraver l'élévation de mes futurs successeurs. Est-ce à moi ou à lui qu'appartient ce caractère de mauvaise ambition, toute prête à sacrifier le^ principes de la Constitution à l'amour du pouvoir? Je laisse la Chambre et le pays en décider. »
Pitt triompha ; il fit décerner la régence au prince de Galles, mais avec les restrictions que le Parlement jugegerait convenables. Le prince, malgré son dépit, dut s'incliner, et le roi eut heureusement un intervalle lucide où il reprit un instant le pouvoir, en confirmant celui de son grand ministre.
Quand éclata la Révolution française, Pitt s'en montra l'adversaire déclaré, irréconciliable ; il comprenait que cette attaque au pouvoir royal, ces doctrines subversives de toute autorité, étaient une menace à tous les trônes. A la mort de Louis XYI, il rappela son ambassadeur, et fut l'àme des trois coalitions qui avaient pour but d'écraser la France. Il y épuisa les ressources de l'Angleterre, et accrut la dette dans des proportions énormes. Le génie guerrier de la France triompha, et l'épée de Napoléon,