CHAPITRE TREIZIÈME
la monotonie du genre; il aurait pu ajouter que sous la forme riche de ses œuvres se cachait uri certain vide de pensées, de passions et de caractères, en un mol Fabsence d'une puissante poésie. Sous ce rapport, Byron devait l'emporter, et il crut prudent de sortir de la lice, pour chercher des combats où il n'aurait plus ce redoutable rival. Par instinct comme par calcul, il eut raison, car le roman devait être son triomphe. Il y était tout préparé par ses immenses lectures accumulées dans sa mémoire, par ses goûts archéologiques, sa profonde connaissance de l'histoire, des légendes, des caractères, des souvenirs de sa chère Ecosse. Ce cadre plus large lui permettait de déployer ses merveilleuses qualités de conteur, d'y développer les caractères , d'y peindre largement les paysages, enfin d'y introduire les anecdotes, les coutumes, les particularités nationales dont il avait fait ample provision» Mais pour piquer davantage la curiosité, il résolut de garder l'anonyme. Son premier roman, IVaverky, parut sans nom d'auteur, et n'en fut pas moins salué par l'admiration universelle. Il est bien vrai que l'opinion publique s'obstinait à le lui attribuer; mais l'éditeur garda si bien le secret, et Walter Scott démentit avec tant de bonhomie apparente toutes les avances que lui fit la curiosité, que celle-ci fut déroutée. Il continuait à remplir ses fonctions . de shérif, à recevoir ses amis, à publier divers ouvrages d'érudition, si bien qu'on pouvait difficilement comprendre comment il eût eu le temps de composer ces romans sî nombreux, si étudiés, et de si longue haleine.
C'est ainsi que parurent successivement Guy Mannering,
Y Antiquaire, Rob'Roy, les Puritains, la Prison d'Edimbourg,
la Fiancée de Lammermoor, VOfficier de fortune, Ivanhoë, le
Monastère, VAhbé, Kenilmrlh, lePiraU, Nigel,Peverildu Pie,