‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 110 sur 191 · II · texte numérisé non relu

II

Quentin Durward^ les Eaux de Saint-Ranan, Redgauntki, les Fiancés^ le TalUman. *

Jusque-là, le secret de Walter Scott avait été bien gardé; quoiqu'il fût possédé par environ vingt personnes, aucune indiscrétion ne. fut commise. Mais une catastrophe des plus tristes vint fondre sur lui et sur son éditeur, Gonstable : c'était en 1825. Il avait confondu ses intérêts avec ceux de cette maison de commerce, qui se trouva prise dans une crise financière, et sur le point de faire faillite. Le grand romancier, comptant sur la fécondité de son génie et le produit de ses ouvrages, avait endossé pour quatre-vingt mille livres de billets de la maison Gonstable, et quand les payements furent suspendus, il se trouva responsable de cette somme énorme, deux millions de francs. Il supporta ce coup avec un sang-froid sublime; sa santé, son humeur n'en furent point altérées. Il avait été imprudent, il résolut de réparer son imprudence par le travail, et de combler le gouffre. < Dans cette plume, dit-il, guidée par une main non connue, je semblais posséder quelque chose de semblable à la source mystérieuse d'or et de perles accordée au voyageur des contes orientaux ; il n'y a nul doute que je crus pouvoir, sans folle imprudence, élever mes dépenses personnelles à un taux bien supérieur à celui dont j'aurais eu la pensée, si mes moyens s'étaient limités aux ressources de mon patrimoine, jointes au modeste revenu d'un emploi. Pavais acheté, construit, planté, et j'ai passé à mes propres yeux, comme à ceux des autres, pour avoir la jouissance assurée d'une fortune considérable. Ces richesses cependant, comme tous les biens de ce monde, se trouvaient exposées à des vicissitudes, et c'est sous leur influence qu'elles étaient destinées à prendre leur vol et à disparaître. »

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