‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 134 sur 191 · CHAPITRE SEIZIÈME. 2oS · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME. 2oS

fond en comble le domaine de la pensée et de la poésie. Aux yeux de ces hardis novateurs , le passé n'a rien à apprendre à Tayenir; la révolution doit en faire table rase; politique, religion, art, tout doit se transformer dans la société nouvelle dont ils. sont les initiateurs , les prophètes , au nom de la liberté et de Tégalité. U y a trop de présomption , d'exagération et de violence dans toutes ces théories pour qu'on ne puisse en prévoir la chute. S'il y a encore des vérités à trouver dans le monde , il ne Caut pas croire que l'humanité ait toujours jusqu'ici vécu d'erreurs et de préjugés : l'utopie est plus moderne que la vérité, et, en prenant sa place, elle a déjà causé à l'humanité des maux incalculables.

Swinburne a débuté par des drames, la Reine mère, Rosamonde, AtalanUy qui excitèrent peu l'attention ; CAof- Ulard, pièce immorale, qui ne put être jouée. Il eut plus de succès dans la poésie lyrique : ses Poèmes et RaUades furent l'occasion d'une polémique littéraire des plus vives , au sujet des idées nouvelles soulevées par l'auteur. Grand admirateur de la révolution italienne , qu'il avait saluée de ses chants, il trouva des appuis sympathiques, des partisans dévoués en Italie. Swinburne sacrifie souvent la pensée au style ; il soigne en artiste la forme du vers et l'harmonie musicale de la langue : il vaut mietix certainement comme écrivain que comme penseur.

Alfred Austin est le satirique de la jeune école révolu* tionnaire et antireligieuse; il débuta dans ce genre en 1860 par le poème la Saisony dont la virulence, l'âpreté, l'audace excitèrent la curiosité des uns, la colère des autres. U continua par Y Age d^or, satire politique contre le gouvernement, et son dernier poème, la Tragédie humaine, est dirigé spécialement contre le catholicisme, qui a

Si. LITTELlTTÏI AS GLAISE.

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