CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
que nous deyons, par la gr&ce de Dieu , d'être ce que nous sommes aujourd'hui. Dans notre enfance spirituelle, c'est Rome qui a veillé sur nous; elle est l'Église dont nous avons été séparés avec tant de violence. Nous aimerions , si nous pouvions ordonner chaque chose selon notre bon plaisir, à effacer le souvenir de notre ingratitude envers elle , afin de nous enteqdre ensuite sur les causes de notre mésintelligence ; nous renouerions alors les liens si chers qui nous unissaient à elle. »
Cependant le docteur Pusey est resté en route , sans tirer les conclusions des prémisses posées par lui ; il a même tenté d'enrayer le mouvement , surtout quand la conversion de son ami M. Newman fut venue donner une nouvelle secousse aux esprits, et entraîner bien des consciences hésitantes. Tout en étant de bonne foi, il n'en a pas moins une position fausse et contradictoire , car il se dit et veut être catholique, et il reste protestant tout en reniant le protestantisme. Cest ce qui ressort clairement de son ouvrage Iremcon, dont le titre même indique qu'il veut l'union pacifique des Églises, mais qui est une attaque violente contre le catholicisme auquel il tend la main. Ce qu'on y voit de plus clair, c'est l'agitation d'une àme troublée , qui désire le bien , qui cherche l'unité et accumule toutes les raisons qu'elle croit plausibles pour ne point s'y . soumettre. Tant qu'on reste protestant, il y a toujours un fond de préjugés et des ombres de fantômes qui obscurcissent l'intelligence. Le docteur Pusey, après avoir été au seuil de la vérité , s'est refusé à franchir le dernier pas , pour conserver l'indépendance de son Église, et ne point reconnaître l'autorité romaine. Mais où serait donc l'unité si elle manquait de centre? Et cette autorité pontificale que le docteur Pusey repousse, n^est-elle pas la seule
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sauvegarde de l'unité , & moins qu'il ne yeuille se conférer & lui-même cette autorité inraillible qu'il dénie au chef de l'Église T
Nous avons cru que cet aperçu anal sur la situation reli* gieuse de l'Angleterre pouvait terminer utilement notre esquisse de la littérature de ce pays. Ces symptômes de transformation ont en effet leui' importance, en ce qu'ils semblent marquer une phase nouvelle dans l'esprit national. L'avenir donnera la clef de ce mystère, et l'avenir appartient à Dieu.