CHAPITRE PREMIER
Formation du royaume des Paya-Bas. — Résistance à PEspagne. — Origines historiques. — Physionomie du pays. — Caractère national. — Deux langues : le flamand et le hollandais. — Chroniques du treizième et du quatorzième siècle. — Le roman du Renard. — Prédominance du français au quinzième siècle. — La Réforme : ses effets. — Poètes nationaux : Anne Byns. — Mathys de Costleirein. — Denne. — Fruitiers. — Ghistèle. — Koornshert. — Dathenus. — Sainte-Aldegoudc. — Yisscher. — Spieghel. — Écrivains latins : Érasme. — Les Everardi. — Les Dousa. — Juste- Lipse.
Les Pays-Bas ont subi bien des vicissitudes historiques et politiques. On désignait sous ce nom les dix-sept provinces qui composaient le cercle de Bourgogne, et qui furent réunies sous le sceptre de Charles-Quint ; douze venaient de la succession de Charles le Téméraire, trans* mises à l'empire par le mariage de sa fille Marie avec Maximilien I*', en 1478; les cinq autres avaient été acquises par Charles-Quint , et le pays entier passa sous la domination de l'Espagne, mais ne subit qu'en frémissant ce joug étranger.
Les provinces du Nord , où le protestantisme s'était fortement établi , ne tarifèrent pas & résister à Tautorité vexatoire et absolue de Philippe II d'Espagne , dont la politique consistait & établir l'unité catholique par la force et les persécutions. Le gouvernement tyrannique du duc d'Albe produisit la révolte des gueux; Guillaume d'Orange, le Taciturne, profita des troubles , amena une révolte générale, qui eut pour résultat la déclaration dlndépendance des provinces de Hollande, Zélande , Utrecht, Gueldre , Groningue , Frise et Over-Yssel : ce fut la Répur hlique des sept Pravinees-UtUes , et Guillaume en devint le mattre sous le titre de stathouder. Mais TEspagne ne lâcha pas facilement sa proie, la guerre continua, avec des alternatives diverses , jusqu'au traité de Westphalie, qui assura enfin l'indépendance de la Hollande.
Le dix-septième siècle fut pour ce pays une période incomparable de gloire et de prospérité : sa marine et ses colonies, répandues dans le monde entier, faisaient de ce petit peuple une puissance redoutable ; rival heureux de l'Angleterre et de la France , il tint tète à Gromvirell et à Louis XIV. La famille d'Orange monta sur le trône d'Angleterre dans la personne de Guillaume III ; le stathoudérat, aboli en 1702, fut rétabli en 1747 en faveur de Guillaume IV, pour disparaître définitivement en 1784. Conquise par Dumouriez et Pichegru en 1795, la Hollande devint la R^ublique Balave , sœur et alliée de la République française, jusqu'au moment où Napoléon I* en fit un royaume pour son frère Louis Bonaparte. Les traités de 1814 donnèrent le royaume des Pays-Bas au fils du dernier stathouder , Guillaume-Frédéric d'Orange , en y annexant la Belgique, qui revendiqua son autonomie en 1830, sous la protection de la France.