CHAPITRE PREMIER
Trançais : tous ces écrivains appartiennent donc de fait à la littérature de la France.
On peut en dire autant d'un autre chroniqueur du quinzième siècle, Pierre Oudegberst, né à Lille, et auteur des Annales de Flandre, remarquables par Texaclitude des recherches ; elles vont de Tannée 620 & la mort de Charles le Téméraire (1477).
La prédication de la Réforme dans les Pays-Bas, les discussions, la controverse qui en furent la suite, la traduction de la Bible en langue vulgaire, les pamphlets, les chants populaires, furent autant de causes de progrès pour la langue et d'excitation dans l'esprit public. Aussi le seizième siècle est-il pour les deux dialectes une période de développement remarquable, en même temps que l'éducation classique, fortement organisée par les Jésuites, prépare celte série de savants, de philologues, de théologiens, de traducteurs, de compilateurs, qui ne le cèdent alors à ceux d'aucun autre pays de l'Europe, et qui font la gloire des Pays-Bas.
En langue flamande, la poésie nous oCTre d'abord Anne Byns, maltresse d'école d'Anvers, surnommée la Saphofla-^ mande. Ses poésies roulent sur des sujets de piété, dont l'esprit est catholique et hostile & la Réforme.
Mathys de Costlevein composa un Art poétique, estimé de ses contemporains, qui le mettaient au niveau de celui d'Horace.
Edeweard de Denne écrivit des fables, et Jean Fruitiers, partisan de la Réforme, la défendit en prose et en vers.
Van Ghistèle, traducteur de Virgile, d'Horace et de Térence, est auteur d'un poëme en deux chants, le Sacrifice Siphigime.
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vif et plus accentué qu'en Flandre; la Réforme y poussait de profondes racines, et y devenait une cause nationale» un motif de résistance contre la domination espagnole.
Dirk Koomshert (1522-1590) est considéré comme le restaurateur ou le père de la poésie hollandaise. Il aime & traiter de sujets de morale sous la forme allégorique, selon le goût du temps. Son petit po6me sur le Bon et U mauvais usage des biens temporels est souvent cité, de même que son célèbre acrostiche, devenu aux Pays-Bas une sorte d*hymne militaire et national : c'est un chant qui célèbre Guillaume le Taciturne sous son nom Wilhelmus Van Nas^ souwen, et chaque couplet commence 'par une lettre de ce nom.
Les Psaumes, devenus les chants privilégiés des réformés, et comme une protestation de leur doctrine contre Rome et le latinisme, furent traduits en hollandais par plusieurs écrivains. Pierre Dathenus, qui ne savait pas l'hébreu, suivit pour sa traduction celles de Marot et de Théodore de Bèze ; il n'en obtint pas moins le prix proposé par les États de Hollande, et ces cantiques servirent longtemps aux réunions du culte dans les temples.
Marnix de Saintc-Aldcgonde fit sa traduction des Psaumes sur le texte hébreu. Partisan dévoué de la Réforme, il revendiqua la liberté de sa patrie par le fameux Compromis de Brida, encouragea la révolte, combattit avec le prince d'Orange qui lui confia plusieurs missions, et fut l'un des fondateurs de l'université de Leyde. Très-versé dans les langues anciennes et modernes, il était habile polémiste et servit ardemment la cause protestante par l'épée et la plume.
Yisscher, le Martial hollandais, eut une influence utile sur la littérature de son pays. Ses petites pièces se distin-