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CHAPITRE PREMIER

guent par leur naïveté, et peuvent se rapprocher de celles de ses deux filles, poëtes comme lui, Anne et Marie, qui y ajoutent la grâce et la délicatesse de leur sexe ; ce sont des Emblimes, des SaiUies, des Énigmes, des Sonnets, des Élé'' gies, des Mélanges. Ces deux jeunes filles, d*un aimable caractère, fidèles à leur foi catholique, faisaient le charme des réunions littéraires célèbres sous le nom de Cercle de Rœmer, d'où sortirent deux des meilleurs poètes hollandais, Hooft et Yondel.

Spieghel, dit YEnnius hollandais, car c'est toujours l'antiquité qui est le type des comparaisons, Spieghel donna de la fixité à la versification hollandaise, et le premier modèle des rimes masculines et féminines alternées. Son Miroir du cœur, d'un ton moral et religieux, d'un style

nerveux et concis, plus riche ^'images que brillant de

clarté, offre quelque ressemblance avec YEssai sur l'homme de Pope, qu'il précéda d'un siècle.

Nous parlerons maintenant des écrivains en langue latine, qui ont illustré les Pays-Bas au seizième siècle ; ils sont nombreux et n'ont pas tous la même importance; aussi nous bornerons-nous à' mentionner les principaux, dont la réputation est en quelque sorte universelle.

Le premier et le plus célèbre est sans contredit Didier Érasme (1467-1536), ou Gérard, le Voltaire latin, comme on l'a surnommé, à cause de l'influence prépondérante qu'il exerça sur les lettres en Europe au seizième siècle. Il naquit à Rotterdam, et fit ses premières études à Deventer. Devenu orphelin, il fut poussé vers l'état monastique par ses tuteurs qui voulaient le dépouiller. Il devint chanoine régulier de Saint-Augustin, mais il obtint d'être sécularisé, et fut ordonné prêtre par l'évêque d'Utrecht.

Il changea son nom de Gérard pour celui d'Érasme

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