‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 153 sur 191 · II · texte numérisé non relu

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{aimabie, en grec), et alla terminer ses études au collège de Montaigu à Paris ; il fut reçu plus tard docteur en théologie à Bologne. Dépourvu de fortune, il souffrit souvent de cruelles privations dans le cours de ses études, ainsi qu'il le rappelle dans ses Colloques. Cette existence précaire le força à changer souvent de résidence, et à donner des leçons pour vivre. Il se rendit en Angleterre, où il devint précepteur des deux fils du médecin de Henri VII; il voyagea avec eux en Italie, et se chargea ensuite de Téducation d*un fils de Jacques IV, roi d'Ecosse. C'est alors qu'il visita Rome, où le pape Léon X voulut le retenir; il reçut du souverain pontife et des cardinaux de grandes marques de déférence, |car ses ouvrages l'avaient déjà rendu célèbre ; ses Adages avaient eu trois éditions, et prouvaient dans leur auteur une érudition prodigieuse. Érasme ne se laissa point tenter par les offres du pape; il avait l'esprit instable et l'humeur un peu vagabonde. Il se montra même ingrat et hostile au clei^è romain, car étant revenu en Angleterre, il y publia son Éloge de la folie {StuUUiœ laudatio]^ où il donne carrière à sa verve sarcastique et moqueuse aux dépens du pape et de la cour de Rome. Cette satire, qui passe en revue tous les états de la vie, peut être fort spirituelle, mais elle n'est ni juste ni convenable : c'est de l'esprit voltairien et rien de plus.

Henri YHI accueillit avec faveur le savant hollandais, sans chercher pourtant à le retenir. Après avoir enseigné quelque temps le grec à Oxford et à Cambridge, Érasme revint dans les Pays-Bas, et devint conseiller de l'archiduc Charles d'Autriche (Charles-Quint). Il publia à Bàle, chez l'imprimeur Froben, son ami, une édition grecque du Nouveau Testament. François I* lui offrait la direction du

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