CHAPITRE II
Décadence de la littérature flamande : L^Espinoy. — Rateaa. — Age d'or de la littérature hollandaise. — Les chambres de rhétorique. — CoHeetion de Van der Marek. — Collection de Van Praet. — Hoofl. — Vondel. — Samuel Coster. — Jacob Cats. — Constantin Huygens. -^ Antonidès. — Gérard Brandt. — Jansénius. — Grotius. — Les Bollandistes : Acta Sanctorum.
Nous sommes au dix -septième siècle; la littérature ilamande est en décadence; son dialecte se mêle de mots espagnols et de français-wallon qui le corrompent, l'altèrent, et le font abandonner aux classes inférieures. Tout ce que nous pouvons citer de plus intéressant en cette langue, ce sont : les Antiquités de Flandre par UEspinoy, et les Annales de Hainaut par Ruteau.
Quant à la langue hollandaise, au contraire, elle entre dans sa brillante période , son âge iw^ elle produit ces écrivains classiques qui ont fait sa gloire, les Hooft, les Vondel, les Cats, dont nous allons bientôt parler.
Mais il nous faut dire auparavant quelques mots de ces fameuses Chambres de rhétorique, cercles littéraires particuliers aux Pays-Bas, et qui donnent ime idée de la prodigieuse activité intellectuelle de ce pays. Leur origine remonte au quatorzième siècle, et elles ont duré jusqu'à nos jours, en diminuant de nombre, et en se transformant en sociétés littéraires, telles que celles des arts et belles-lettres dont les trois sections se trouvent à Amsterdam , à Leyde et à Rotterdam. Les plus anciennes Chambres sont celles de Gand , d*Ypres et de Diest.
Les Chambres de rhétorique étaient organisées autrefois dans toutes les yilleSy même dans les villages où pouvaient se réunir quelques personnes de goût, capables de comprendre, de juger ou d*écrire des ouvrages. L'émulation littéraire, ainsi activée et entretenue, trouvait dans les Chambres un aliment perpétuel ; les membres apportaient leurs compositions, en faisaient lecture, écoutaient la critique; on discutait le mérite des œuvres, on donnait des sujets à traiter, on composait même en commun des pièces de théâtre, des poèmes; on proposait et l'on distribuait des prix. Chaque Chambre avait ses règlements,, ses chefs, sa hiérarchie; les titres étaient ceux d'empereur,, de doyen, de capitaine, de prince, d'expert; les membres étaient des caméristes; le fiscal maintenait le bon ordre, et le bouffim amusait la société. La chanson , l'improvisation^ y avaient leur liberté d'allures. Pendant la guerre contre les Espagnols, les Chambres prirent des tendances agres^ sives, et lancèrent force couplets satiriques.
Dans les villes principales, les Chambres de rhétorique avaient assez d'importance pom: publier des recueils où étaient consignés les travaux des membres. Dans la curieuse collection du théâtre hollandais formée par Van der Marck, qui est conservée à la bibliothèque de Paris, les recueils seuls des pièces produites par les Chambres de rhétorique se montent à vingt-neuf volumes.
Cette même collection de Van der Marck, dans son ensemble catalogué, porte à quatre cent trente-cinq volumes les ouvrages relatifs au théâtre hollandais, tant tragédies que comédies, dialogues, critiques, pièces de vers et chansons, jusqu'à l'année 1806.
La bibliothèque de Paris possède en outre mie riche collection des poètes hollandais , avec listes alphabétiques