CHAPITRE TROISIÈME
poétique de Lejde. Ses poèmes sont nombreux dans le genre didactique et descriptif : le Bonheur de la paix. Éloge de Buyier, la Promdenee, CHumaniU, Charks-Quint ^ la Vieillesie, le Tombeau; ce dernier po6me rappelle les nuits d*Young; s*il est moins élevé de pensées, il a Favantage d'être moins déclamatoire et de ne point se perdre dans une métaphysique nuageuse. Les tragédies de Feith sont : Thyrsa, Jane Gray^ Inès de Castro, Mutius Cordus; enfin des Leitres^ et un roman sentimental intitulé Ferdinand et Constantin.
Jérôme van Halphen (1746-1803) est un des rénovateurs du goût ; il a créé en Hollande la cantate , et n'y a pas eu de rivaux. Sa muse est chrétienne, et beaucoup de ses poésies, Essais, MédUations, sont puisées aux sources pures de la foi. Il y a une grâce touchante, une bonhomie charmante dans ses pièces pour les enfants ; ses Chants nationaux belges méritent aussi l'attention.
Bellamy (1755-1795) est l'Archiloque de la Hollande, et ses Vers à un traître sont un morceau des plus vigoureux : il rappelle les belles satires de Chénier. Sa gloire est atta* chée à ses Chants patriotiques, pleins de verve , d'barmonie et de naturel.
Bakker (1715-1800) rentre dans le genre riviériste, par son poème sur V Inondation de 1740, et sa Contemplation des fleuves de la patrie. La haine contre les Anglais lui inspira de véhémentes satires.
La baronne de Lannoy ( 1738-1782 ) s'est illustrée par plusieurs tragédies : Léon le Grand, le Siège de Harlem, Cléopdtre, et par des odes, des épltres, des satires, d'une facture élégante , rehaussée par la verve et l'originalité.
Jean-Frédéric Helmers (1767-1813) inaugura le dixneuvième siècle par un poème qui respire le patriotisme
le plus pur, la Nation hollandaise. Cette tentative ne manquait pas de courage en présence de l'occupation étrangère accomplie par les armées de^Napoléon. Les six chants de ce poème sont consacrés à la gloire de la Hollande , à ses mœurs, à ses triomphes passés dans la navigation /les sciences et les arts; puis il déplore l'humiliation présente de sa patrie courbée sous le joug de Fétranger, et lui annonce des destinées meilleures sous un Astre réparateur. La censure impériale fit déclarer, dans une note insérée au bas de la page, que cet astre était l'empereur Napoléon, et l'inspecteur de la librairie avouait naïvement, à la suite de cette note, qu'elle était ajoutée par ordre de la direction générale de Paris, après la mort de l'auteur survenue pendant l'impression; cela se passait en 1813. Helmers manifesta encore son patriotisme dans ses Odes et d'autres poésies.
Si de la poésie nous passons à la prose, nous y trouvons beaucoup moins de richesse et de variété. Le gouvernement représentatif n'a produit en Hollande que très-peu d'orateurs, et rien de bien saillant dans leurs discours. Il est vrai que ce peuple, d'un génie calme et modéré, n'a pas eu comme en France de grandes questions à traiter, de grandes occasions de se passionner. Il n'en est que plus heureux , car les débats parlementaires troublent souvent une nation , la divisent, excitent les opinions, les partis, et se traduisent parfois, comme en France , par des troubles civils, des révolutions qui compromettent les destinées du pays. Pourtant les Hollandais citent avec honneur plusieurs orateui*s de leurs assemblées, comme Kantelaar, Yreede. Schimmelpenninck, Kasteele , Kemper, etc., et les opposent aux plus grands orateurs anglais.
Les orateurs de la chaire, Rist, van der Roest, Borger