‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 166 sur 191 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

et autres, tout en enseignant une morale pure, basée sur les principes chrétiens, ne sortent guère de la ligne commune.

En histoire, on continue les recherches savantes. Kluit (1735-1807) écrit en laUn YHUtoire du comté de Hollande, où il y a d'excellentes recherches, et plusieurs ouvrages d'économie politique et administrative.

Quelques écrivains s'occupent avec ardeur de critique et d'histoire littéraire ; on revient avec curiosité et amour sur le passé, on discute, on collectionne, on se rend compte des goûts et des tendances de la nation. Paquot (1722-1803) publie ses Mémoires pour servir à l'histoire littéraire des dix-sept provinces des Pays-Bas; Jean Vriès, un Essai sur l'histoire de la poésie hollandaise; Foppens, la Bibliothèque belge, où il refond les recueils de plusieurs de ses devanciers. Rien que jusqu'en 1680, il mentionne environ trois mille écrivains. C'est trop pour ne pas faire supposer que le nombre l'emporte sur la qualité.

Les Retmes périodiques prirent naissance à l'imitation des grands journaux anglais. La Hollande eut son Spectateur, fondé par van Effen , et le Journal littéraire, par le même. C'était un écrivain spirituel et habile , comme le témoigne son' Che/^d'cnim'e d'un inconnu, récit fort piquant; il fit aussi plusieurs traductions de l'anglais, le Robinson, le Conte du tonneau. Le goût du roman s'éveilla peu à peu, quoique tard , chez les lecteurs hollandais ; il s'est bien développé depuis , et fleurit maintenant dans ce pays aussi bien que partout ailleurs. Après les traductions des romans anglais et français, la Hollande eut ses romanciers indigènes, et leur prêta une attention soutenue, qui stimula l'émulation , et fit éclore toute une école.

Trois dames mirent en commun, au siècle dernier, leur

verve et leur esprit d'invention : c'étaient Agathe Deken, madame Wolff, née Bekker, et Marie Bosch; leurs ouvrages eurent de nombreux lecteurs, et exercèrent une véritable influence sur l'esprit et le caractère national. Les principaux sont : Sarah Burgerhart, roman national, ainsi que YHUtoire de WUhem Leevend, qui eut une suite sous le titre de Lettre d'Abraham Blankaert; des Lettres, des Entre^ tiens sur des sujets divers; des Chansons poptdaires, des Fables y quatre chants de Promenades en Bourgogne, où tout est varié, les sujets et le mètre.

Les Contes moraux de Loosjes ont été fort recherchés, de même que ses Romans historiques et sa Susanne Bronkhorst.

Le roman hollandais a fait de sérieux progrès de nos jours sous la plume habile de mademoiselle Toussaint , Française d'origine. De l'année 1835 à 1847, elle n'a pas donné moins de trente récits, dont plusieurs sont des romans historiques attestant des études sérieuses : tels sont le Duc de Devonshire, les Anglais à Rome, la Maison de Lowernesse, Charles le Téméraire^ Lekester dans les Pays-Bas, Ce dernier est un des meilleurs , et peint avec beaucoup de vérité et d'intérêt les luttes de partis, les intrigues, les opinions politiques et religieuses en Hollande au temps d'Elisabeth.

La Hollande a eu son Waltcr Scott dans Jacob van Lennep (1802-1868), qui fut à la fois juriste distingué, poète, érudit, auteur dramatique, et le meilleur romancier da son pays. H appartenait à une de ces anciennes familles de la bourgeoisie municipale , si fortement pénétrée des droits et de l'indépendance nationale , et il remplit pendant de longues années la charge d'avocat du trésor public; il fut même député aux États généraux , et se mêla à la politique active par des' articles de journaux et des brochures dans

Page 1