‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 167 sur 191 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

rintérét du parti conservaleur. Mais la littérature occupait tous ses loisirs : membre de l'Académie des sciences, président de la Société des beaux-arts , il collaborait à plusieurs recueils, et trouva le temps d'écrire plus de cinquante nouvelles ou romans qui ont intéressé toute la génération actuelle.

C'est en 1838 que Van Lennep commença la publication de cette série de nouvelles historiques qu'il a intitulée NoiAneélrei. Elles se rattachent toutes à l'histoire desPavs- Bas, et remontent aux anciens Bataves, pour suivre ensuite les principales périodes du développement national. Le but de l'auteur était de populariser l'histoire de son pays, en y rattachant d'ingénieuses fictions. L'écueil de ce genre de composition, comme celui du roman historique en général , c'est d'altérer la vérité en y mêlant la fable, de telle sorte que le lecteur ne peut pas toujours discerner l'une de l'autre; mais le genre une fois admis, on doit avouer que Lennep en a tiré un heureux parti ; il imite visiblement Walter Scott , même dans ses défauts, car son action est lente, et se perd souvent dans des descriptions de détail. Mais il a fait preuve d'un talent supérieur, plus nerveux et plus complet, dans ses deux romans historiques, la Rose de Décanta et le Fils adopUf; la scène, en se rapprochant des temps modernes, permet à l'auteur d'y mettre plus de vérité ou de vraisemblance ; il y peint surtout , sous des couleurs vives et frappantes, ce vieux patriciat municipal dont il avait trouvé les traditions dans sa propre famille; les caractères sont tracés d'une main ferme; les dialogues sont pleins d'esprit et de verve , et il y a des scènes charmantes de fraîcheur et d'entrain; malgré la multiplicité des personnages , l'action se déroule avec aisance et clarté. Son roman de Ferdinand Huych tient moins

à l'histoire qu'à la vie intime de la bourgeoisie ; sauf une prolixité dont s'impatiente un peu le lecteur français» il y a de belles scènes, des peintures charmantes, qui font penser souvent aux tableaux si fortement colorés des grands maîtres hollandais. Le dernier ouvrage de Lennep , Nico- Uiit Pléiade, est un roman de mœurs qui a été fort controversé, à cause de la hardiesse des peintures qui a choqué nombre de lecteurs.

DES

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