‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 169 sur 191 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Slaves de ces voisins incommodes, et leur pennit de s*étendre du Danube à la Baltique. Ils se fixent peu à peu, et prennent une position définitive; ainsi au septième siècle, nous voyons les Vénèdes sur TElbe, les Poméraniens sur roder, les Borusses sur la Saale, les Tchèques ou Bohèmes sur la Moldau, les Moraves sur la March, les Polènes (Polonais) sur la Vistule, les Croates sur les CarpatheSy les Serbes sur la Save jusqu'à l'Adriatique. Au nord, d'autres tribus éparses s'étendaient vers l'Iimen, pour servir de berceau à la Russie, en refoulant les peuples finnois ou tchoudes, qui n'étaient pas en état de se défendre. Ces diflërents peuples, frères d'origine, et parlant la même langue avec des dialectes divers, ont eu des destinées difiTérentès dont le développement appartient à l'histoire. Fractionnés dès le principe, partagés en tribus trop peu nombreuses, ils n'ont pu arriver à former une nationalité compacte qui eût pu assurer leur prépondérance. Les Teutons, leurs ennemis naturels, leur ont fait longtemps la loi, et ont toujours profité de leurs divisions. Néanmoins l'esprit de nationalité s'est conservé vivace parmi eux ; quelques-uns ont eu une période de gloire et de puissance ; la Pologne et la Bohème ont compté parmi les grandes nations du moyen âge; la Russie, plus lente et plus tardive dans son développement, n'a rien perdu pour attendre, et pourrait bien réaliser un jour le rêve du panslavisme, en groupant autour d'elle tous ces peuples de même race, [pour les opposer à la réalité actuelle du pangermanisme : c'est le secret de l'avenir.

Revenons au passé, qui a moins de mystères. Nomades d'origine, les anciens Slaves vivaient de la chasse et du produit de leurs troupeaux ; ils goûtaient peu l'agriculture, et ne s'y adonnèrent qu'après avoir abandonné la vie

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