‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 34 sur 191 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

Comme ces pièces échappent aux règles classiques de fart, elles échappent aussi aux classifications convenues; nous essayerons pourtant de les grouper d*après leurs res- ^mblances principales. Voici d*abord huit comédies, pour la plupart œuvres de sa jeunesse, et dont l'intrigue est la partie faible ; ce sont des faits , des événements plus ou moins vraisemblables, et dont les ressorts peu compliqués amènent le dénoûmait comme ils peuvent : les Deux VénmaU, Peine* d'amour perdues, les Joyeuses Bourgeoises de Windsor, Beaucoup de peine pour rien, la Douzième Nuit, Comme il vous plaira, le Marchand de Venise, Tout est bien qui finit bien.

Viennent ensuite ses grands drames , élément principal de sa gloire, œuvres immortelles, fruit de sa maturité: Roméo et Juliette y Othello, Hamlet, Macbeth, le Roi Lear, Puis les drames.historiques , dont la plupart sont pris dans l'histoire d'Angleterre, depuis le Roi Jean jusqu'à ^enrt VIII. Trois pièces sont tirées de l'histoire romaine : Coriolan, César, Antoine et Cléopâtre. Quatre drames romanesques : Mesure pour mesure, CymbeUne, Troile et Cressida, le Conte dhioer. Enfin deux drames fantastiques : le Songe dune nuit dTété et la TempéU.

La critique moderne, embarrassée pour étudier avec ordre ces œuvres si variées et si complexes , a signalé un fait dont il faut tenir compte, c*est que , dans la première période de sa carrière dramatique, de 1591 à la fin du siècle, le poète, dont la vie était heureuse, facile, jeune et prospère , ne produisit que des pièces gaies et légères : ses comédies datent toutes de cette époque; il n'avait composé jusque-là qu'une seule tragédie, Roméo et Juliette, et quelques drames historiques. A partir de 1601 , sa muse devient grave et sombre, sa vie paraît plier sous le poids

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