CHAPITRE Y
Shakspnre (suite). — Othello. — HanUet. — Macbeth, — Le Moi Lear. Analyse de ces quatre drames. — Le Marchand de Venise,
Le drame d*Oihelh (1602) n'est pas moins touchant que celui de Roméo, et il est plus terrible encore par les effets de la jalousie, que Shakspeare a su peindre avec une admirable profondeur. Il a trouvé ce sujet dans un nouvelliste italien , Giraldi Cinthio ; mais au lieu d'une esquisse , d'une simple narration » il a fait un drame des plus pathétiques, en même temps qu'une saisissante peinture de caractère.
Othello , ou le More de Venise , est un brave général au service de la République. Sa brillante valeur est le soutien de l'État ; elle lui a attiré l'amour enthousiaste de la belle Desdémona, fille du sénateur Brabantio, et elle Ta épousé malgré ses parents. Nature chevaleresque, violente, passionnée , Othello est poussé à la jalousie par la haine astucieuse d'un enseigne dont il a fait son confident; il l'appelle Yhonnête lago , et lago est un monstre , son mortel ennemi; il a juré sa perte et celle de Desdémona. « Je veux tromper le More, dit-il; je veux l'amener à me remercierr à m'aimer, à me récompenser pour l'avoir dignement conduit par le licou comme un âne, pour avoir troublé son repos, son bonheur, jusqu'à le rendre fou. »
On a souvent admiré cet art infernal et profond avec lequel lago fait entrer dans le cœur d'Othello le poison de