‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 46 sur 191 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

a gravi la montagne, car chaque soldat a pris une branche d'arbre et la porte devant lui, pour dissimuler le nombre des troupes et tromper Tennemi. C'est le signe fatidique ; le criminel subit la peine qu'il a méritée.

Le sujet de cette pièce est tiré de la chronique de Hohinshed, d'après laquelle Duncan était monté sur le trAne d'Ecosse en 1032. Beaucoup de critiques la considèrent comme le chef-d'œuvre de Shakspeare. Mieux que partout ailleurs il y a suivi la loi de l'unité, au moins dans l'ensemble des événements et des caractères : ce dont il ne tient pas toujours compte. La loi morale est bien observée, le remords suit le crime et torture les coupables ; leur fin malheureuse complète cette sanction. Ajoutons que le style est m&le et vigoureux, comme les caractères de cette époque barbare, et que les taches de mauvais goût y sont moins nombreuses que dans les pièces précédentes : Shakspeare avait atteint l'apogée de son génie. Macbeth a toujours réussi au théâtre, dans toute l'Europe, même avec l'imitation classique qu'en a faite Ducis ; elle a été le triomphe des grands acteurs anglais, tels que Garrick, Remble, Kean, Macready, dans le rôle de Macbeth.

Le Roi Lear nous rappelle Œdipe : aveugle comme lui, il est plus malheureux, car si ce héros grec est abandonné par ses fils ingrats , il est du moins consolé par ses filles jusqu'au dernier moment, tandis que Lear est trahi par les siennes; il perd la raison, et quand il retrouve sa troisième fille, Gordéiia, dont il a méconnu les vertus et le dévouement; quand la tendresse de cette enfant le rappelle à lui-même et à l'espérance, il la voit étrangler devant lui , et il expire de douleur sur le corps de cette malheureuse. Ici, Shakspeare a poussé le tragique jusqu'à l'horrible. Son excuse , c'est qu'il a voulu suivre jusqu'au

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