‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 51 sur 191 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

vois, je la veux , j'en rêve ! mais l'atteindre !... Mon corps est difforme, mon bras est paralysé, tout est chez moi laideur et disgrâce... Je suis né pour inspirer la haine et la crainte... Eh bien ! puisque le monde n'a pas de voluptés que je puisse goûter, ne pensons qu'à la haine et au trône... Je me frayerai ma route, fût-ce avec ce bras sanglant. »

Il tient parole, il arrive au trône par le crime. A la mort d'Edouard IV, il fait tuer ses deux enfants; il assassine dans sa prison le vieux roi Henri VI et fait périr son frère, Clarence; il se maintient sur le trône par la ruse, l'hypocrisie, la violence. C'est le plus profond des scélérats, le Néron de l'Angleterre; il se joue du ciel en singeant la piété ; il se joue de ses victimes comme de ses amis, de ses complices, jusqu'à ce que ce débordement de crimes amène le soulèvement armé qui le fait périr au pont de Botbworth.

Sur ce fond noirci de crimes se détache la figure vengeresse de Marguerite d'Anjou, veuve de Henri VI. Comme la Némésis antique , elle pénètre dans le palais où jadis elle était reine, et sème les malédictions sur ses pas. Elle dit & Gloster, qui a tué son époux et son fils : < Que le ver rongeur d'une conscience coupable te dévore le cœur sans relâche ! Que ta vie se passe à soupçonner tes amis comme des traîtres, et à prendre les traîtres les plus perfides pour tes plus chers amis ! Que jamais le sommeil ne ferme ton œil féroce... misérable avorton! être immonde et dévastateur! »

Le cœur ulcéré de Marguerite jouit de sa vengeance ; les persécuteurs qu'elle a maudits , Edouard IV, ses deux fils, les assassins de son propre fils, sont tous morts misérablement. Quand elle rencontre la duchesse d'York,

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