CHAPITRE SEPTIÈME
jour le comte Dorset Ty trouva, le lut et l'envoya à Dryden, qui en fut vivement frappé , et répondit au comte ces paroles : c €et homme nous efiace, nous et les anciens. » Cependant il ne se fit jour que lentement dans le public; vers la fin du dix-septième siècle, Addison le mit en pleine lumière, en lui consacrant dix- huit articles dans son Spectatar; Hilton prit alors sa place à côté de Shakspeare dans l'admiraticm publique.
Chateaubriand a témoigné pour le Paradis perdu une admiration vive et bien raisonnée : nous lui empruntons l'analyse qu'il en a faite.
c Satan s'est réveillé au milieu du lac de feu; il rassemble le conseil des légions punies ; il rappelle à ses compagnons de njalheur et de désobéissance un ancien oracle qui annonçait la naissance d'un monde nouveau, la création d'une nouvelle race formée à dessein de remplir le vide laissé par les Aiges tombés. Chose formidable ! c'est dans l'enfer que l'on entend annoncer pour la première fois le nom de t Homme.
< Satan propose d'aller à la recherche de ce mondé inconnu, de le détruire ou de le corrompre. D part, explore l'enfer, rencontre le Péché et la Mort, se fait ouvrir les portes de l'abtme, traverse le chaos, découvre la création, descend au soleil, arrive sur la terre, voit nos premiers parents dans l'Éden , est touché de leur beauté et de leur innocence , et donne , par ses remords et son attendrissement, une idée ineffable de leur nature et de leur bonheur. Dieu aperçoit Satan du haut du ciel, prédit la faiblesse de l'homme, annonce sa perte totale, à moins que quelqu'un ne se présente pour être sa caution et mourir pour lui. Les anges restent muets d'épouvante. Dans le silence du ciel , le Fils seul prend la parole et s'offire en sacrifice. La