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CHAPITRE VIII

Poètes secondaires du dix-septième siècle. Donne. — Dra^ton. — Chapman. — Burton. — Garew et Wolton. — Drummond, — Fletcher et Beanmont. — Réforme puritaine et réaction sous Charles IL — Cowley. — Denhara. — Wilmot. — Waller. — Wentworth. — Entier et son Hudihras. — Dryden et ses œuvres. — La prose au dix-septième siècle. Camden. — Temple. — Philosophie. François Bacon. — Hobbes. — Locke.

Shakspeare et Millon sont les deux grands génies poétiques de l'Angleterre au dix-septième siècle; ceux qui gravitent autour d'eux n'ont qu'un intérêt secondaire; il suffit de les énumérer rapidement.

Jean Donne (1573-1631), descendant par sa mère du chancelier Morus, écrivit des poésies alambiquées et d'un goût médiocre; il a composé sept satires intitulées Vices et folies du temps; des ouvrages en prose et trois volumes de sermons. — Drayton (1563-1631), auteur fécond de poésies pastorales, de poèmes historiques et religieux, d'élégies et de sonnets. — Chapman (1557-1634) fut le premier traducteur d'Homère en anglais, et auteur de dix-sept pièces de théâtre, dont plusieurs en collaboration avec Ben Jonson. — Robert Burton (1576-1639), auteur d'un poème humoristique, Anatamie de la mélancolie, mélange bizarre d'érudition, de tristesse et de gaieté. Swift et Sterne lui ont fait souvent des emprunts. — Carew et Wolton, poètes erotiques, plus purs de style que de pensée, qu'on ne lit plus guère aujourd'hui. — William Drummond (1587-1649),

poêle écossais, imitateur des Italiens, et surnommé le Pétrarque écossais. Ses vers ont de la douceur, de Télégance comme ses modèles , mais peu de fond et d'idées. II se montra courageux partisan de Charles I*'. — Fletcher et Beaumont sont deux auteurs dramatiques, deux amis, qui composèrent ensemble un assez grand nombre de pièces, tragédies et comédies. Par ordre de date, ils suivirent de près Shakspeare , qui fut même lié avec le premier d'entre eux et l'aida dans sa pièce Us Deux illustres Parents. Ils tiennent une place honorable au thé&tre anglais pour les pièces suivantes : le Fat, le CapUaine, Monsieur Thomas, la Fille au moulin, les Hasards, Valentinien, etc.

La réforme protestante, en inclinant vers la sévère doctrine de Calvin , avait fait naître en Angleterre comme à Genève une sorte de fanatisme puritain qui avait assombri les mœurs publiques, et jeté la terreur dans les consciences; le besoin de justification, de repentir, les assemblées religieuses, les longs sermons poussant à l'exaltation, tout cela avait produit dans les Âmes une sorte de vie spirituelle factice qui tendait à anéantir la vie terrestre. Ce fanatisme était devenu une mode, une institution; partout on prêchait la pénitence dans des discours traînants et nasillards , on passait sa vie sur la Bible ; les entretiens se remplissaient de citations tirées des livres saints ; on ne voyait que figures lugubres, inspirées, visant à l'extase. Plus de distractions, de fêtes, de plaisirs. Le Parlement fit fermer les maisons de jeu, les thé&tres. En Ecosse, rintolérance fut poussée jusqu'à une minutie féroce , et pénétrait jusque dans l'intérieur des familles; l'austérité, la dévotion était de rigueur, et la prison attendait quiconque tendait à se relâcher des pratiques imposées. La restauration de Charles U mit fin à cette compression

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