CHAPITRE HUITIÈME
porlance, et pour réfuter la théorie des»idées innées de Descartes , il composa son ouvrage principal , Y Essai sur ^entendement humain. C'est dans l'étude des idées et de leur origine que se trouve son erreur capitale : il n'admet, comme source de connaissances, que les sens, et la réflexion ou la conscience , laissant de côté l'ordre rationnel des idées métaphysiques , qu'il confondait sans doute avec celles de la conscience. C'est le côté faible de son raisonnement; et comme tout s'enchaîne dans Terreur ainsi que dans la vérité, les idées morales en reçoivent une nide atteinte. Le sensualisme est la conséquence naturelle des idées de Locke. Condillac , qui l'importa et le développa en France, réduisait tout à la sensation. Toute la fausse philosophie du dix-huitième siècle découle de là , et l'on sait quels ravages elle a faits dans les âmes pendant un demi-siècle. Depuis, le spiritualisme a réagi avec avantage et repris le dessus, mais non sans peine.
Locke a encore écrit V Essai sur le gouvernement civil, pour justifier la révolution anglaise de 1688; les Lettres sur la tolérance et le Christianisme raisonnable, qui lui attira le reproche de socinianisme. J. J. Rousseau s'est inspiré de ses ouvrages [en composant le Contrat social, de même que YÈmile procède évidemment des Lettres sur l'éducation de Locke. En somme, les idées et les écrits de ce philosophe ont eu une fatale influence sur la société moderne, comme l'a si bien démontré J. de Maistre, son adversaire passionné.