CHAPITRE NEUVIÈME
lui plaire qu*il écrivit la BaiaUle des livres ^ dans la conlroverse sur le mérite comparé des Anciens et des Modernes : quelques épisodes burlesques de cet écrit, enflés sur le ton homérique, annonçaient de loin Thistorien de Gulliver. Plus fard, nous le retrouvons tory, dans son Argument centre tabolUion du christianisme, où il attaque les whigs libres penseurs avec la verve puissante de l'ironie, son arme favorite. < Si le christianisme était aboli, dit-il,
< comment les libres penseurs, les puissants raisonneurs, % les hommes de profonde science, sauraient-ils trouver
< un autre sujet si bien disposé sur tous les points pour
< qu'ils puissent déployer leur talent? De quelles merveil-* c leuses productions d'esprit nous serions privés si nous c perdions celles des ho^imes dont le génie, par une prac tique continuelle, s'est entièrement tourné en railleries f et en invectives contre la religion , et qui seraient incac pables de briller ou de se distinguer sur tout autre c sujet 1 »
Hais au moins cet apologiste du christianisme, ce ministre de Saint-Patrick, avec sa qualité de doyen, était-il un chrétien fervent et convaincu? Pas le moins du monde. n tenait de Rabelais et de Voltaire, compagnie équivoque, comme vous voyez. Son fameux Conte du Tonneau, qu'il écrivit chez William Temple, le place lui-même parmi les libres penseurs ; c'est une satire amère contre la science et la religion. Selon lui, toute religion est une question d'habit et d'ornements; c'est l'habit qui fait l'homme ; € La religion est un manteau, et la conscience une paire
< de chausses que l'on dépouille aisément pour le service
< de ses viles passions. Si l'on place quelque part de l'her-
< mine et de la fourrure, cela s'appelle un juge; de même
< une réunion convenable de linon et de satin noir s'ap-