‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 92 sur 191 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

Quint, l'introduction, où il déroule à grands traits le tableau de TEurope moderne au moyen âge ; cette vue d'ensemble est de la bonne école. Ses travaux furent récompensés par des places et des honneurs qui le conduisirent à la fortune.

Edouard Gibbon (1738-1794). Avec Gibbon, nous retombons dans le scepticisme philosophique, qu'il avait puisé dans son contact avec les philosophes français, Voltaire, Dalembert, Helvétius. Il avait commencé par flotter à tout vent de doctrine; né protestant, il se fit catholique après la lecture de YHistoire des Variations de Bossuet. Au bout d'un an, il se rétracta auprès d'un pasteur de Lausanne où son père l'avait envoyé dans cette intention. Mais bientôl il ne s'arrêta à aucun dogme, et dépouilla toute croyance : c'est toujours là que le doute aboutit.

Le premier ouvrage de Gibbon est écrit en français, car nos écrivains eurent sa première admiration. C'est un Essai sur Fétude de la littérature : il eut plus de succès en France qu'en Angleterre. Quoique capitaine dans l'armée anglaise, puis lieutenant-colonel, et enfin membre du Parlement, où il joua le rôle de muet, il passa la plus grande partie de sa vie à l'étranger, surtout à Lausanne ; il n'était Anglais qu'à moitié; il aimait la conversation aimable et polie, le tour d'esprit français, et la belle nature de la Suisse, où il finit par se fixer, pour écrire son grand ouvrage* YHistoire de la décadence et de la chute de Vempire romain.

C'est pendant un voyage en Italie, en 1764, qu'il conçut l'idée première de cette œuvre. < J*étais à Rome, dit-il, le 15 octobre, assis au milieu des ruines du Capitole, plongé dans la rêverie, pendant que les moines déchaussés chantaient les vêpres dans une chapelle voisine construite sur les ruines d'un temple de Jupiter, lorsque l'idée

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