‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 94 sur 191 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

fallait dire un dernier adieu à cet aimable compagnon de ma vie, et que, quelle que pût être la durée de mon histoire, la vie de rhistorien serait désormais courte et précaire. >

n est bien fâcheux que ce grand et beau travail , si plein de recherches savantes, de vues neuves et profondes, si bien écrit, si clair, si animé, si pittoresque, soit déparé par des défauts qui en faussent l'esprit et en infirment le mérite.

D'abord, son point de vue général est faux. Il prend pour type d'un gouvernement parfait cet empire romain fondé sur le despotisme et l'oppression; toute son admiration est pour ce corps gigantesque, fruit de la conquête, dominé par la puissance militaire, et organisé pour la servitude. Tout ce qui contredit cette dictature pesante et si souvent inique le choque comme une révolte. Quand le christianisme apparaît, avec sa parole régénératrice, son libre élan de l'âme, ses orateurs, ses martyrs, loin d'être touché d'admiration, il le traite en ennemi : les chrétiens sont des perturbateurs, il est juste qu'ils soient persécutés, livrés aux bourreaux. Dans son aveugle et haineuse incrédulité, il est plein d'indulgence pour Néron, ce monstre de cruauté, plein d'admiration pour les exploits de Mahomet et de Tamerlan , tandis qu'il déverse le mépris sur ces héros chrétiens qui, au prix de leur sang, venaient régénérer ce inonde romain souillé d'infamies et de crimes. Une telle aberration du sens moral a inspiré à M. Yillemain l'éloquente protestation qui suit :

< J'avoue que je ne connais pas dans l'histoire une erreur plus grave et plus offensante pour la raison. Je ne parle pas ici dans une vue théologique ; je considère l'esprit humain en lui-même; j'observe cet instinct de liberté

<aO LITTÉRATURE ANGLAISE,

ixinnilc. nui se transforme , sans jaiiuis périr, tantôt énev-

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