‹ Histoire des littératures étrangères (volume 3)Chapitre 96 sur 191 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La maisoD de Hanovre et les quatre George. — Éloquence parlementaire. Lord Chatam. — William Pitt. — Burke. — Fox.

La maison de Hanovre était montée sur le trône d'Angleterre à la mort de la reine Anne (1714), dans la personne de George I*. Quatre princes de ce nom se succédèrent jusqu'en 1830, et quoique leur illustration personnelle fût médiocre , la nation anglaise ne cessa pas de grandir et de prospérer^ tant par la solide assiette de ses institutions que par le merveilleux développement de son industrie et de son commerce. Le ministère Walpole remplit le règne de George P' et une partie de celui de George IL Les tentatives des Stuarts pour reprendre la couronne échouèrent à plusieurs reprises. L'Angleterre prit une part active à la guerre de la succession d'Autriche et à la guerre de Sept ans. Moins heureuse dans la pre« mière, où elle perdit la bataille de Pontenoy, elle triompha dans la seconde par sa marine , et enleva à la France ses plus belles colonies. C'est sous le règne de George IH que parurent, dans le Public Adveriiser, les fameuses Lettres de Junius, dirigées contre le ministère North, et dont l'auteur est encore inconnu , malgré les recherches de la critique : ce sont des pamphlets politiques où l'invective et le sarcasme sont poussés jusqu'au génie; la langue est digne de Tacite , et la prose anglaise n'a rien de plus

solide, de plus vigoureux, de plus yéritablement classique.

Pendant que l'Angleterre accroissait sa puissance dans rinde , elle perdait , par une imprévoyante et injuste politique, ses belles colonies d'Amérique, que la France contribua à lui arracher. La vieille haine des deux nations rivales trouva un nouvel aliment dans les événements de la Révolution française , et elle arriva à son paroxysme dans les grandes guerres que suscita l'ambition démesurée de Napoléon. Ces événements sont trop présents à la mémoire de tous pour qu'il soit nécessaire de les rappeler.

Les premiers débuts de la Révolution française excitèrent chez les Anglais une vive sympathie , et la plupart de leurs écrivains les saluèrent avec enthousiasme; mais une réaction contraire ne tarda pas à se produire devant les excès de la démagogie, et le parti whig, qui lui était favorable, fut réduit à l'impuissance. William Pitt profita des circonstances pour faire à la France une guerre acharnée, en même temps qu'il comprimait à l'intérieur les tendances libérales qui pouvaient compromettre son autorité.

Après les grands orateurs de l'antiquité grecque et romaine , dont les œuvres seront toujours l'objet d'une immortelle admiration, c'est en Angleterre que renaît cette éloquence de la vie publique. et des afTaires, parce que c'est le premier pays où les discussions parlementaires ont eu leur libre essor. Pendant longtemps , il est vrai , les débats de la tribune ne sortaient pas de l'enceinte du parlement : on discutait avec calme ; toute attaque personnelle était défendue, et l'autorité absolue du président, désigné sous le nom de chaire {the chair )y pouvait couper court à tout élan passionné. Les discussions n'étant pas

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