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CHAPITRE DOUZIÈME. tO

cours Nicola! pour son Libre penseur, pièce dirigée contre les incrédules. Son drame de Bruius, qu*il composa ensuite, eut un grand succès. Ce jeune poète, mort à vingt ans, s'annonçait par de brillantes qualités.

Christian-Félix Weisse (1726-1804), ami et collaborateur de Lessing, fut le troisième concurrent au concours, mais sans succès ; pourtant il valait bien ses compétiteurs, et ses nombreux ouvrages dramatiques lui donnent une place honorable, quoique secondaire, parmi les écrivains du siècle. Ses pièces de tout genre ont longtemps défrayé la scène ; il a laissé cinq volumes de tragédies, trois volumes de comédies, trois volumes d'opéras-comiques. Beaucoup de ces pièces sont imitées de l'anglais et du français ; ce qui lui manque, c'est le style, qui est négligé, parfois trivial. Weisse fut un adversaire déclaré de l'école de Gottsched ; il finit par se brouiller avec Lessing, dont l'humeur difficile et la dure critique ne savaient ménager ni amis ni ennemis.

Le baron de Gebler (1726-1786), grand personnage de la cour de Marie-Thérèse, employa ses loisirs à composer des pièces ayant un but moral ; il voulait épurer le théâtre, lui donner plus de noblesse, de décence, et en faire une école de vertu: tâche difficile, qu'il eut du moins la gloire de tenter avec quelque succès ; il réussit surtout dans la comédie ; son Ministre fut remarqué parmi les meilleures.

Les auteurs qui suivent appartiennent à Fécole de Lessing; le grand critique, sans avoir la prétention de fonder une école, ne pouvait manquer de produire des continuateurs, des imitateurs ; tous ses ouvrages dramatiques, et surtout sa Dramaturgie, avaient remué les idées, et imprimé une direction nouvelle à la scène : ses arrêts faisaient loi; son influence était dominatrice, son autorité I. 14

incontestée, jusqu'au moment où Goethe et Schiller prirent le sceptre à leur tour.

Jean-Antoine Leisewitz (1752-1806), né à Hanovre, se fit une réputation par sa tragédie Jule$ de Tarente, que Lessing estimait beaucoup, et que Schiller apprit par cœur dans sa jeunesse. La forme du dialogue est imitée avec art de celui de Lessing dans Émilia Galotti; mais il y manque le naturel, et la pièce est oubliée aujourd'hui.

C'est sur le môme modèle que se forma Matthias Sprîkmann (1749-1833) par ses drames Eulalie et la Filk naturelle, et sa comédie 1^ Parure, qui ont eu un succès mérité.

J. J. Engel (1741-1802) s'est distingué dans la comédie par le Jeune Noble et le Fils reconnaissant, ouvrages purement écrits. Ses Idées sur la mimique sont une Ihéorie du jeu sur la scène, qui fixa sur lui l'attention du roi de Prusse, et le fit nommer à la direction du théâtre de Berlin.

Schrœder (1744-1816) fit des imitations de Shakspeare qu'il sut faire accepter du public : Othello, Hamlet, Macbeth, le Roi Lear; c'est par là que les Allemands s'habituèrent à considérer le grand dramaturge anglais comme un des leurs, et que le théâtre prit de plus en plus l'empreinte du génie anglais. Deux drame& bourgeois de cet auteur valent la peine d'être cités ; ce sont le Porte-drapeau et le ^Cousin de Lisbonne,

Auguste -Guillaume Iffland (1759-1814) fut quelque temps hésitant entre le théâtre et l'Église ; il faisait alors des sermons, et mettait tous ses soins à les déclamer avec BVt. Le théâtre l'emportant, il devint acteur, et se fit une réputation sans rivale ; il dirigea le théâtre de Berlin. Ses drames eurent de son temps, beaucoup de succès, mais un petit nombre a survécu : les Chasseurs, la Pupille, les Vieux 43arçons, le Joueur. Iffland base l'intérêt de son drame sur

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