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CHAPITRE SEIZIÈME

cule les prétentions libérales de la jeune génération : il s'attira ainsi la haine de la Jeunesse allemande, et un étudiant, nommé Sand, crut venger son pays en l'assassinant dans sa maison.

Eofzebue a encore écrit des romans qni eurent du succès, et des ouvrages historiques» tels que YHistoire des premiers siècks de la Prusse, et YHistoire de V Empire germa'' nique.

En Allemagne, comme partout ailleurs, le roman a pris, dans la littérature moderne, une place importante. Trèspositif de sa nature, l'esprit germanique aime pourtant à se lancer dans le pays des rêves, et à se bercer de fictions : cette double préoccupation n'est pas exclusive l'une de l'autre, elle est même un des côtés caractéristiques du génie national.

On conamença par imiter les Anglais : Richardson eut des traducteurs et des disciples; Walter Scott servit aussi de modèle à quelques écrivains, qui furent loin de l'égaler. Les romanciers sont tellement nombreux, qu'il faut renoncer à en faire l'énumération pour ne citer que ceux qui sortent de la ligne commune.

Auguste Lafontaine (1759-1831), Français d'origine, a eu le talent d'intéresser ses lecteurs pendant environ un demi-siècle, tant par sa fécondité cojnme narrateur, que par son naturel, sa douce gaieté, sa sensibilité communicative. S'il peint faiblement les caractères, il intéresse par les détails et connaît bien le cœur humain.

Lamotte-Fouqué (1777-1843) appartenait, comme Lafontaine, à une famille française de réfugiés. La France, par une mesure impolitique, avait ainsi fourili à l'Allemagne des écrivains, aussi bien que des ennemis pour elle-

même. Dans toutes les ferres, depuis la révocation de rÉdit de Nantes» on trouve des Français combattant contre leur ancienne patrie. Lamotte-Fouqué lui-même servit sous les drapeaux de la Prusse pendant la guerre de la Délivrance, et se distingua par sa valeur. Ses romans ont en général un caractère chevaleresque ; la rude nature du Nord lui a fourni des tableaux intéressants : Théodul/^ Sintram sont de ce nombre ; Y Anneau magique, Ondine, inté^ ressent comme souvenirs des féeries septentrionales. Lamotte-Fouqué s'appliqua à faire revivre les vieux chants populaires» les chroniques et les légendes nationales» entre autres celle de Nibelungen.

Mais les conteurs les plus originaux de FAllemagne appartiennent au genre humoristique, genre qui venait de TÂngleterre en ligne droite, et qui trouva facilement às'implanter sur le sol germanique, grâce à une certaine conformité de caractère entre les deux peuples. Les deux écrivains qui ont le mieux réussi comme humoristes sont Jean-Paul Richter et Hoffmann ; ils furent précédés par Gottlieb Hippel (1741-1796), avocat et diplomate, qui déploya une verve spirituelle et originale dans ses Voyages en zigzag, son Zimmermann /" et Frédéric II; ces ouvrages abondent en traits caustiques et en satires virulentes contre certains personnages du temps.

Frédéric Richter (1763-1825), plus connu sous le nom de Jean-Paul, est bien de tous les écrivains le plus difficile à définir et à caractériser. On Ta comparé tour à tour à Sterne, à Rabelais, à Cervantes, et cela dit trop ou trop peu, car on ne peut le comparer à personne; il est lui-même, c'est-à-dire un original, un lyrique, un philosophe, un conteur en délire , une des imaginations les plus bizarres et les plus fantasques que Ton ait vues. En Allemagne, on

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