CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
raires, il a su défendre les saines doctrines avec une remarquable supériorité.
Karl Immermann, poète lyrique assez distingué, arficha des prétentions plus hautes dans le drame, et transforma la légende de Fenchanteur Merlin en une sorte d'épopée dont les scènes rappellent celles de Faust; l'idée même se rapproche de celle de Gœthe : c'est la lutte entre le bien et le mal, mais avec force traits satiriques contre les travers du temps. Malgré les colères excitées par ces attaques, l'auteur y persévéra dans ses Épigones, et les redoubla dans son Munchhausen, tableau satirique des plus piquants. Il a été moins heureux dans ses tragédies, pièces à effet, trop longues pour être supportées à la scène; mais son petit poëme en trois chants, TûH/anUhen, restera comme un modèle de grâce et de délicatesse.
Le comte Platen (1796-1835) sacrilSa d'abord au goût du jour pour l'orientalisme , en composant Harmosan et les AbasHdes; mais il se dégoûta vite des formes pompeuses de cette poésie, plus riche d'images que de pensées; son esprit cherchait l'ordre, la précision, la pureté, qui faisaient défaut aux romantiques ; il se trouva bientôt contre eux en lutte ouverte, et il ne les ménagea pas dans son Œdipe romantique f non plus que dans sa comédie, la Fourchette fatale^ où il ripostait vigoureusement aux détracteurs de
ses œuvres. Platen a aussi très-bien réussi dans le sonnet, que Rûckert avait mis à la mode, et qui eut un moment de vogue.