‹ Histoire des littératures étrangèresChapitre 179 sur 205 · CHAPITRE DIX-NEUyiÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUyiÈMB

point d'admirateurs. Derrière ce sarcasme continu, sous ce masque grimaçant, on voit la laideur de la colère et de la haine : le cœur ne peut se laisser prendre à de telles amorces. Au fond y quelle mission a remplie ce Voltaire allemand , ce rieur implacable, qui use sa vie et son talent à adorer ce qu'il a brûlé, et à brûler ce qu'il a adoré; qui est tour à tour libéral et autoritaire, sceptique et croyant, poëte inspiré et chroniqueur scandaleux; mais au fond toujours persifleur, dénigrant toutes les renommées, insultant sa patrie et se moquant de lui-même? De tels hommes ne sont bons qu'à produire le vide dans les âmes, et à s'isoler eux-mêmes de tout ce qui est pur, grand et honnête : c'est le châtiment suprême de l'abus qu'ils ont fait des facultés de l'esprit.

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