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CHAPITRE XX

État de la littérature après 1815. — Influence de la philosophie. — Mouyement de 1830. — - La Jeune Allemagne,'— Wienbarg et ses Batailles esthétiques. — Un nouveau style. ^ Influence de Heine. — Gutzkow. — Mundt. — Impuissance de cette école. — Auerbach. — La gauche hégélienne. — Annales de Halle. — Sallet. — Hoffmann de Fallersleben. — Herwegh. — L'unité allemande. — Prutz. — Dingelstedt. — Freiligrath.

De 1815 à 1830, après la victoire des princes coalisés sur la France, il y eut en Allemagne une sorte d'accalmie générale , résultat de la compression exercée par les souverains pour empêcher tout élan libéral de se produire. Pendant qu'en France la littérature et les arts prennent un nouvel essor sous le gouvernement réparateur de la Restauration, en Allemagne, la littérature est réduite à se renfermer dans une sorte de cadre officiel qui lui enlève toute spontanéité ; un pouvoir ombrageux surveille et arrête les écarts de l'imagination.

Mais l'indépendance de la pensée, supprimée dans la carrière des lettres, se fraye un jour nouveau dans le domaine de la philosophie. Là, elle ne paraissait pas dangereuse, appliquée aux abstractions et aux théories nuageuses de l'idée pure. Si Schelling, accusé d'athéisme en Saxe, était obligé de se renfermer dans un silence prudent, Hegel, bien plus radical et plus dangereux , était appelé à professer l'identité des contraires à Berlin même, au centre du pouvoir absolu, et ses nombreux disciples allaient occuper toutes les chaires de philosophie, au nom d'une doc-

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