‹ Histoire des littératures étrangèresChapitre 187 sur 205 · CHAPITRE VINGT ET UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIÈME

séve plus vigoureuse, mais il s*at(ache trop à traduire les poêles étrangers, surtout les russes : on ne va à la postérité qu'avec ses propres ailes. Hartmann est un digne héritier des grands maîtres; il a l'inspiration pure et fraîche , une tristesse voilée par la grâce , et son recueil intitulé Zeitlose est une floraison qui exhale de suaves parfums.

Pendant que la démagogie allemande cherchait à réaliser en politique les théories subversives de Thégélianisme, un poète catholique apparut, qui eut un grand et rapide succès, c'était Oscar de Redwitz-Schmœllz, né en 1833, auteur d'un récit poétique plein de grâce et de charme; il avait pour titre Amaranthe, et fit dans tous les cœurs un chemin rapide. C'était comme un écho des Minnesinger, une sorte de tableau idyllique, chaste et pur, inspiration naïve d'une tendre et jeune imagination; le sentiment chrétien y tempère les ardeurs d'une exaltation juvénile et y ajoute un charme de plus. De nouvelles poésies, entre autres la Légende de la source, vinrent affirmer et compléter ce succès; les âmes tendres sepénétrèrent avidement de ces inspirations aux saveurs mystiques et pieuses, qui trouvèrent des imitateurs.

Il est à remarquer, comme fait singulier et caractéristique, que les juifs ont pris une place importante de nos jours dans la littérature allemande. Henri Heine, quoique converti, au moins pour la forme, à la religion réformée, fut en quelque sorte l'initiateur de sa race dans la voie de la littérature. A sa suite, nous trouvons un groupe important de poètes, dont le talent, sans être très-élevé, n'en est pas moins incontestable. Ils sont peu croyants en général, car le philosophisme allemand n'a pas laissé subsister grand'chose de la foi biblique; mais leur sentiment poétique trouve un aliment et un soutien dans ce mysticisme un

peu vague qui est comme Talmosphère naturelle de tout le pays germain. Feldmann (1802), auteur des Chants infernaux, est surtout connu par ses comédies et ses drames. Wihl (1897), poêle et journaliste ; CEttlnger, poëte et romancier; Philippson (1811), poëte et dramaturge ; Lederer, Langenschwarlz, Kalisch, auteurs de poésies lyriques et de drames; Creizenach (1818), Kossarsty, Lévy.

Mais la race Israélite, avide de richesse et d'influence, habile à profiter de son émancipation nouvellement conquise, a surtout dirigé son activité vers le journalisme. Appuyée par la haute banque, qui possède le nerf de la guerre, elle a entre ses mains la plus grande partie de la presse, surtout en Autriche, où elle tient en échec le pouvoir. Le Journalisme juif s'est mis au service des intérêts prussiens ; il favorise la politique du nouvel empire, au détriment du catholicisme, dont il est l'ennemi acharné.

Le théâtre, comme la poésie, traverse une période de transition qui laisse le champ libre à une foule d'écrivains de talent, sans produire aucun génie dominateur. Gœthe et Schiller n'ont transmis à aucun poëte le secret de leur grand art; ils ont laissé des modèles qui, comme points de comparaison, font tort à tout ce qui vient après eux. Delà ce sentiment de décadence que la critique est obligée d'avouer, et qui, pour beaucoup d'ouvrages, n'a que trop de réalité. Que dire de cette foule de pièces banales, déclamatoires, mal agencées, pleines de^lirades prétentieuses, visant souvent à l'effet par des intentions plus politiques que patriotiques 7 C'est là le grand nombre; les bons ouvrages font exception. Du reste, ce reproche ne s'adresse pas seulement à l'Allemagne ; on peut aussi bien l'adresser à la France et à l'Angleterre. Depuis les chefs- d'œuvre des grandes époques classiques, le théâtre ne vit guère que d'imitations et d*em-

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