CHAPITRE PREMIER
rangea à sa droite les bons, à sa gauche les méchants, fulminant des menaces sévères contre ceux qui avaient enfreint ses ordres, les troublant du feu de ses regards et du tonnerre de ses seiments. On voit comment l'histoire se transforme et se monte au ton de Tépopée. Voici un autre passage non moins caractéristique.
Charlemagne vient assiéger dans Pavie le roi des Lombards, Didier. Un ancien compagnon de Charlemagne, nommé Ogger, qui s'est réfugié chez Didier, regarde avec lui, du haut d'une tour, l'arrivée de l'armée franque. Le défilé est long ; Didier est terrifié et demande toujours où est Charles. Il parait enfin , et la description du bon moine prend alors un accent terrible : < Charles s'avance , tout « de fer, avec im casque de fer comme une crête, des
< manches de fer comme des bracelets, une cuirasse de
< fer sur sa forte poitrine , une lame de fer dressée dans « sa main gauche , son épée de fer invincible dans la droite, « des chaussures de fer; son cheval même, par sa couleur, « semblait de fer. Le fer couvrait les plaines et les che- « mins ; les dards de fer brillaient aux rayons du soleil. « Ce fer était porté par un peuple dont le cœur était plus « dur encore. Les citoyens, terrifiés par l'éclat du fer, « s'écriaient : Que de fer, hélas! que de fer! »
Ne dirait-on pas que le simple moine de Saint-Gall a conunencé à souCQer dans la trompette homérique ?