CHAPITRE IL
Aperçu historique. — La chevalerie. — Littérature chevaleresque. — Le poème des Nibelnngen. — Le poème de Gudruna et autres récits
- héroïques. — Le cycle germanique. — Les Minnesinger. — La cour de Wartbourg. — Walter von der Vogelweide. — Le poème la Guerre de Wartbourg,
L'amour du merveilleux, joint à la foi naïve et à la simplicité des âges d'ignorance, a produit la légende, qui n'est que l'histoire agrandie et falsifiée , mais avec bonne foi , sans intention de mensonge. Elle a fleuri librement du neuvième au douzième siècle , et l'héroïsme de la chevalerie naissante n'a pas peu contribué à lui donner de l'éclat. Les croisades sont venues ajouter leurs merveilles réelles à ces merveilles de l'imagination; la poésie atteignit ainsi un certain idéal, auquel il ne manqua que l'expression pour produire des chefs-d'œuvre ; mais la langue n'était pas à la hauteur des conceptions poétiques, et il n'en sortit aucun de ces po6mes qui servent à illustrer une nation.
Pourtant cette période est pour l'Allemagne une grande époque : l'Empire germanique offrait une imposante unité, que n'aCTaiblissaient point, comme en France, les luttes féodales. La maison de Saxe , fondée par Henri l'Oiseleur, donna cinq souverains à l'Allemagne, et affecta la suprématie sur l'Europe , comme héritière des droits deCharlemagne, consacrés par les pontifes de Rome. La maison de Franconie, qui lui succéda, continua ces traditions, mais engagea contre les papes la querelle des investitures,