IV INTRODUCTION
exceptée \ Chaque peuple y figure selon Timportance et la richesse des œuvres qu'il a produites. Les origines n'y sont point négligées, et -les temps modernes y sont traités jusqu'à nos jours, de manière à présenter un tableau complet des écrivains de chaque nation .
Les littératures européennes, ainsi groupées dans une vue d'ensemble, quoique étudiées séparément, doivent offrir un intérêt véritable, tant pour celui qui ne veut consulter qu'une période, une époque ou un écrivain, que pour le lecteur qui veut embrasser d'un coup d'œil le mouvement intellectuel des peuples modernes concurremment avec leur histoire.
La méthode historique et chronologique nous a paru la plus propre au développement et à la clarté de cet ouvrage. Nous partons de ce principe, que la littérature est une annexe, un complément indispensable à l'histoire, dont elle sert à éclairer la marche. En effet, l'histoire est le récit des faits extérieurs et des évolutions d'un peuple; la littérature est l'expression de ses idées, de son esprit public, de son développement intellectuel et moral. La corrélation de cette double étude est tellement évidente et palpable qu'elle n'a pas besoin de démonstration : l'une est le corps
Nous avons traitd à part VHistoire de la littérature française dans un Précis historique et chronologique, ^ volume, Paris, 1872. Delagrave, 6« édition.
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de l'histoire; l'autre en est Tâmo; ensemble elles constituent la vie même d'une nation. Voilà pourquoi nous ne perdons jamais de vue le cadre historique qui sert d'enveloppe à chaque période littéraire, et qui tend à la justifier, à l'expliquer, à en donner une claire intelligence. Cette méthode s'impose d'ellemême en littérature, et il n'y a pas de critique qui ait pu s'y soustraire, quand il a voulu présenter un enseignement synthétique, et dominer d'un peu haut son sujet.
Quant à l'intérêt que peuvent offrir ces études, il se trouve dans le sujet même, et tous nos efforts ont concouru à le produire , autant que cela est possible dans un résumé nécessairement court et succinct. Nous étions placé entre un double écueil : l'aridité d'un abrégé et la surabondance d'une riche matière : il fallait éviter Tune et l'autre; puissions-nous y avoir réussi! Les écrivains secondaires ne pouvaient être passés sous silence; il est des périodes littéraires qui n'en ont pas d'autres, et elles n'en reflètent pas moins l'esprit public dans les manifestations, parfois monotones, de la pensée. Ce sont des espaces un peu arides, qu'il faut savoir traverser avec courage , pour entrer dans les oasis plus rares où se déploie le génie. Quand nous rencontrons cette royauté de l'intelligence, nous lui consacrons avec plaisir le temps et l'espace dont elle est digne, et le Içcteur ei^t dédommagé de l'attçn-