CHAPITRE DEUXIÈME
l^egfried ; il est victime du roi des Burgundes. La walkyrie est une simple mortelle : Brunhilde règne dans les régions du Nord ; enfin Âtli est devenu Etzel , roi des Hans; c'est le terrible Attila de Thistoire, mais transfiguré ici en roi débonnaire, et placé au second rang dans le poëme.
Le début rappelle, en quelques mots, les légendes où le poëte a puisé. « Les anciennes traditions nous rapportent « des merveilles et nous parlent de béros fameux , d*ex- « ploits audacieux , de joies et de noces suivies de pleurs et « de gémissements. Vous allez entendre redire l'histoire de « ces intrépides guerriers. »
Gunther, roi de Bourgogne, a pour sœur une jeune fiUe d'une beauté rare , c'est Rriembilde; elle a refusé les hommages d'une foule de guerriers qui aspiraient à sa main , car elle a rêvé que son faucon fav.ori était mis en pièces par deux aigles, présage de mort, dit sa mère, pour l'époux qu'elle acceptera. Siegfried, fils de Siegmund, roi des Francs , a entendu vanter les charmes de la vierge de Worms ; il part avec sa suite , et se rend à la cour du roi des Burgundes , où il est accueilli avec une courtoisie chevaleresque. Les fêtes, les tournois se succèdent; il y est toujours vainqueur, mais Kriemhilde reste invisible, et semble dédaigner ce soupirant comme les autres.
Pourtant son cœur n'est pas resté insensible , et de loin , derrière les vitraux de sa chambre , elle a suivi tous les exploits de Siegfried, avec un trouble et un intérêt qui dénotent une âme éprise. Mais Siegfried ignore son triomphe, et désespère de voir jamais la jeune fille.
Une guerre éclate entre la Bourgogne et la Saxe. Siegfried offre à Gunther l'appui de son bras; il combat et fait prisonnier le roi saxon ; pour récompense , il demande à
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être présenté à la sœur du roi , et obtient enfin ce bonheur tant désiré ; leurs âmes se sont bientôt entendues»
De son côté, le roi Gunther s'éprend, sans la connaître , d*une princesse du Nord, nommée Brunhilde, qui est habile dans tous les exercices guerriers, et ne veut donner sa main qu'à celui qui pourra la vaincre dans les tournois ; ajoutons qu'elle est impitoyable pour les vaincus, et leur fait invariablement trancher la tête. Gunther, qui redoute l'épreuve, invoque le secours de Siegfried, et promet, à cette condition, la main de sa sœur.
Il faut dire que Siegfried est devenu invulnérable, comme Achille, depuis qu'il s'est baigné dans le sang d'un dragon qu'il avait tué ; seulement une feuille de tilleul s'étant attachée à son dos pendant cette opération magique , la place non teinte de sang pouvait donner passage à la mort. Gela n'avait pas empêché le héros d'accomplir des exploits fabuleux , et il avait conquis les domaines des princes Nibelungen, domaines inconnus dans l'histoire» Siegfried s'était emparé des immenses trésors que possédaient les Nibelungen , ainsi que de la fameuse épée Balmung, qui rendait son possesseur triomphant, d'une baguette magique qui donnait tout pouvoir comme ceUe des fées, et d'un manteau noir qui rendait invisible.
C'est avec ces avantages surnaturels que Siegfried se présente dans la lice pour aider Gunther et combattre Brunhilde ; on voit aussi intervenir avec eux le farouche Hagen, à la fois rusé et traître, et qui joue un rôle important dans ce poème. La vaillante amazone croit avoir bon marché de Gunther comme de ses autres prétendants; elle se présente, couverte d'armes étincelantes, et plus brillante encore par sa beauté. Mais ce n'est pas Gunther qu'elle combat, c'est Siegfried; revêtu du manteau qui le