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DE L'EUROPE

L'origine asiatique des peuples de l'Europe actuelle n'est plus contestée aujourd'hui ; elle se trouve savamment démontrée par les travaux récents de la philologie. L'étude comparée du sanscrit avec les langues des divers peuples de l'Europe, anciens ou modernes, le prouve surabondamment. Nous descendons tous de ces Aryas que la science moderne est allée déterrer au delà du Désert-Salé, entre la mer d'Aral et les montagnes de l'Hindo-Kho '.

La langue des Aryas était le sanscrit; cette langue nous a été révélée , à la fin du siècle dernier, par les travaux du savant orientaliste William Jones. C'est dans cette langue q ue sont écrits les livres sacrés de l'Inde, les Védas ou Livres de la science, où l'on trouve ces hymnes primitifs qui exhalent encore les parfums de la nature vierge ; les

rahmanes hindous en ont conservé le dépôt à travers les siècles. D'importants travaux ont été faits sur ces livres et

* V. PicTET, les Origines indo-européennes,

sur cette langue par Colebrooke, Wilson, Schlegel, Bopp, E. Burnouf : ils ont accompli une révolution dans la science philologique, et jeté une lumière toute nouvelle sur les origines des peuples, là où l'histoire manquait complètement de documents et de sources.

Le sanscrit était parlé, il y a quatre mille ans, par les ancêtres des conquérants de l'Inde, dans les pays qu'occupent aujourd'hui les khanats de Boukhara et de Samarkande. C'est de là qu'ont rayonné, en émigrant, les divers peuples de cette souche asiatique.

La cause de cette émigration paraît avoir été un mouvement de pression ou de conquête de la race mongole , qui a toujours été la motrice première des grands ébranlements de l'humanité. C'est par ces nomades que la race aryenne a été troublée, déplacée, et que les Germains, de ricochet en ricochet, ont été poussés jusque sur l'empire romain. Les invasions touranienaes se sont perpétuées à travers les siècles , et l'Orient , par intervalles , a déversé sur l'Occident le trop plein de sa population. Les débouchés du Caucase servaient ordinairement de passage à ces flots pressés qui jaillissaient sur l'Europe comme un débordement. Du premier jet parait être venue la race celtique, qui s'écoula vers l'Europe occidentale, et ne fut pas même arrêtée par la barrière 'de l'Océan, car elle peupla aussi la Grande-Bretagne et ses lies; l'Irlande [ir land, Erin) reçut d'elle son nom, qui veut dire terre des Iraniens.

Les émigrations aryennes furent intermittentes ; aucun document historique n'en fixe la date. Les peuples grécolatins se répandirent dans les contrées les plus douces et les plus riches, sur les rivages et dans les lies de la Méditerranée, tandis que les Germains, qui les suivirent à un long intervalle, s'arrêtèrent aux Alpes, aux rives du Rhin

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