‹ Histoire des littératures étrangèresChapitre 60 sur 205 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Dix-septième siècle. — État de PAllemagne. — Imitation française. — La société Fructifère, et autres sociétés littéraires. — Première école de Silésie. — Opitz. — Weckherlin. — Flemming. — Greif. — Gerhardt. — Spée. — Bist. — Harsdorffer. — Zézen.— Seconde école de Silésie. — Imitation italienne. — Hoffmann Yon Hoffmanswaldau. — Lohenstein. — Excès et défauts de l'imitation. — Buchner. — Treuer et le Lexicon poétique. — Postel. — Wernicke. — Canitz. — Brockes. — Gunther. — Logau. — Laurenberg. — Roman : Grimmelshausen. — Les Robinsonades. — Prose. — Philosophie. — Leibnîtz et ses travaux.

A la suite de la Réforme, qui avait troublé profondément TAllemagne , en altérant les croyances religieuses et en la divisant par la politique, la guerre de Trente ans vint exercer ses affreux ravages, détruire Tunité de l'Empire, dépeupler les provinces, affaiblir, ruiner les malheureux peuples , victimes de l'ambition des princes et des souverains. Il ne faut pas s'étonner si, au milieu de tant de catastrophes^ l'esprit littéraire pst arrêté , et tout progrès devenu impossible. L'Allemagne perd en quelque sorte la conscience de sa nationalité et de son originalité native; la culture intellectuelle semble s'éteindre chez les peuples, appauvris, épuisés, ruinés par de cruelles guerres. L'aristocratie seule, avec la riche bourgeoisie, conserve les éléments du savoir et du goût, mais en dédaignant ce qui était national; l'éducation classique la reportait sans cesse aux souvenirs de l'antiquité, aux traditions mythologiques. Comme la France, plus avancée, plus cultivée, donnait alors le ton à l'Europe , qui avait sans cesse les yeux fixés sur les pompes de Paris et de Versailles, ce fut en

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