CHAPITRE HUITIÈME
« Tout à coup la trompette retentit ; elles volent avec « la rapidité de Taigle ; un nuage de poussière s'élève sur « la vaste carrière ; je les vis près du chêne, mais le « nuage s'épaissit, et bientôt je les perdis de vue. »
Ainsi finit l'ode, dit madame de Staël, qui a traduit ce morceau, et il y a de la grâce à ne pas désigner le vainqueur*.
Elle ajoute : c Ceux qui ont connu Klopstock le respec- «tent autant qu'ils l'admirent. La religion, la liberté, < Tamour, ont occupé toutes ses pensées. Il professa la reli- « gion par l'accomplissement de tous ses devoirs; il abdiqua « la cause même de la liberté quand le sang innocent l'eut « souillée , et la fidélité consacra les attachements de son « cœur. Jamais il ne s'appuya de son imagination pour jus- ^ lifier aucun écart : elle exaltait son âme sans l'égarer. »
Nous terminerons -par la citation d'une gracieuse romance sur une fleur bien souvent chantée : le vetgistmeinnicht, ou myosotis.
« Dans le vallon silencieux coule et murmm^e un clair « petit ruisseau argentin. Tu connais l'aimable vallon, ô « Cydlie! tu connais bien le ruisseau.
« Là, autour des aunes élancés s'enlace une fraîche « guirlande de lierre. Je trouvai au bord du ruisseau le « vergUsmeinnicht,
« La fleur modeste me sourit comme l'œil bleu de ma « Cydlie; sur ses feuilles brillaient encore les gouttes d'une « fraîche rosée.
« Je la cueillis, ô Cydlie ! et pensant à toi, je m'écriai : « iVe m' oublie pas! Et l'écho, comme un doux zéphire, sou- « pira : Ne m'imhlie pas ! »
* De VAllemagne, chap y, 2« partie.