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CHAPITRE PREMIER

nouveaux Tenus sur le Danube , les Huns. On vit arriver, comme des torrents, les Vandales, les Yisigoths, les Francs, les Burgondes, et d'autres encore. La Gaule, l'Espagne, Tltalie, F Arrique même, furent inondées de ces bandes conquérantes dont plusieurs fondèrent des dominations plus ou moins durables. En Gaule, Glovis fixa la conquête des Francs et devint chef d'une race illustre, qui ne fut effacée que par celle plus illustre encore de Cbarlemagne.

Gharlemagne réunit sous son sceptre tous les peuples geimaniques, tant en deçà qu'au delà du Rhin , et , de son ëpée victorieuse, relève l'empire d'Occident au profit des barbares. Il arrête le mouvement, non interrompu, des iuYasions, en triomphant, par quarante années de guerre, des Saxons, des Lombards, des Bavarois, des Huns et des Bohèmes. Mais sa gloire principale est dans ses efforts pour instruire et civiliser des peuples plongés dans la barbarie et l'ignorance; nous en verrons plus loin les effets. Tacite ne parle que vaguement de la religion des Germains; il cite quelques-unes de leurs divinités, qu'il assimile à celles de Rome ; il parle du Dieu Tuiston , fils de la Terre, d'un Hercule guerrier, de la déesse Hertha, la terre mère; mais il ne nomme pas Odin, le héros, le Dieu suprême des Germains. Il faut aller au fond de la Scandinavie, jusqu'en Islande, pour retrouver les anciennes croyances des Germains. C'est là qu'au douzième siècle, un prêtre catholique, Sœmund Sigfusson, recueillit les chants nationaux qui contenaient toute la religion des peuples du Nord. Ce recueH est Y Edda, mot qui signifie aïeuU,

Odin est un personnage légendaire et mythologique. Il régnait, dit-on, vers l'an 70 avant Jésus-Christ, sur la

U LITTÉRATURE ALLEMANdE.

tribu des Ases , au bord du Pont-Euxin ; allié deMithridate et vaincu avec lui par leis armées de Pompée, il émigra avec son peuple , traversa en conquérant la Scythie et la Germanie , où il établit rois plusieurs de ses fils , et vint se fixer en Scandinavie. Il fonda, en Pionie, la ville d'Odensée, à laquelle il laissa son nom.

Le nom d*Odin paraît avoir été celui du Dieu de la nation. Le conquérant, qui s'appelait Sîgga , s'en empara pour se grandir dans le respect des peuples. Il est resté entouré d'un nuage mythologique , que la poésie n'a pas peu contribué à obscurcir. Odin ne voulut pas mourir comme les autres hommes : entouré de ses compagnons d'armes, il se fit, avec sa lance, neuf blessures en forme circulaire, et y ajouta des figures mystérieuses avec la pointe de son épée; puis il annonça qu'il allait, dans le pays des Scythes, prendre part au festin éternel des dieux, ajoutant que les braves morts dans les combats viendraient Ty retrouver. Le héros devint dieu, et tout un cycle poétique se forma autour de son nom.

Les chantres primitifs, les poètes de l'ancienne Scandinavie se nomment scaldes; ils furent, pour ces peuples guerriers et aventureux , ce qu'ont été les bardes pour les peuples celtiques. Attachés à la cour des rois, ils chantaient sur la harpe les exploits des héros, les louanges des dieux, et surtout la gloire d'Odin. La tradition orale conserva ces rudes fragments d'épopée, qui se fixèrent, se condensèrent peu à peu, et ont fini par produire YEdda et les Sagas.

Les origines de YEdda sont obscures , comme celles de toutes les théogonies ; la fable y est mêlée à l'histoire, transforméeparl'imaigination des poètes; chaque siècle y à ajouté ses héros et ses merveilleuses inventions. La composition

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