‹ Histoire des littératures étrangères condidérées dans leurs rapports avec leChapitre 10 sur 113 · Quintilien, livre I"', chapitre vi · texte numérisé non relu

Quintilien, livre I"', chapitre vi

2. Par exemple : DcU sorores^ au lieu de dat tcronbus; dai olla pour dat oUam; mangana pour anihlia; acutoa pour clavos; vedxAa pour vidua; Icku Maza$^ Kalendas Febraras^ etc. Voyez Biancbini, Gruter, Muratori.

vaincus : ils étaient à la fois moins nombreux et moins éclairés; mais ils ne l'adoptèrent que dans la mesure de leur capacité et de leurs hesoins. Les Italiens de leur côté furent contraints à modifier leur idiome pour se faire entendre de leurs maîtres.

De ces concessions réciproques il se forma un mélange confus et bizarre en apparence, mais soumis à certaines lois générales, auxquelles l'esprit humain obéît à son insu et nécessairement. La plus remarquable de toutes est eette tendance qui entraîne sans cesse les langues do la syn'^èse à l'analyse, de l'expression concrète, qui rend d'un seul mot toutes les nuances de la pensée, à l'expression abstraite qui les divise, et consacre un mot différent à chaque détail^. La langue latine corrompue devint plus ail'alytique : elle gagna les articles qui lui manquaient, fit plus souvent usage des prépositions pour suppléer aux terminaisons des noms^ et adopta les auxiliaires pour simplifier la conjugaison des verbes. Les barbares introduisirent en Italie assez peu de mots, mais plutôt des tendances logiques auxquelles ils forcèrent le latin de plier. Par exemple, la plupart d'entre eux possédaient l'article dans leur langue maternelle : ils l'imposèrent à leur nouveau langage^ mais en le tirant du vieux latin'. Quant aux mots euxmêmes, on a remarqué que les termes qui expriment les choses nécessaires à la vie sont tous dérivés de l'ancienne langue latine, tandis que ceux qui désignent les choses

1. Par exemple, l'hébreu peut dire en un seul mot, sans employer d'auxiliaire, non seulement fai enseignéj mais fat enseigné exactement ou souvent; j'ai reçu ordre cTenseigner, je me suis enseigné à moi-même. Le. grec ancien dit en deux mots^'e me suis fait faire un habit. Un seul mot sufût au latin pour dire j'avais cherché à pren* dre, etc. Au contraire, l'anglais, Tallemand, le grec modernC; n'expriment même plus, dans les verbes, l'idée accessoire de futur ou de condiliomiel par uqe simple modification du présent; ils ont besoia pour cela d'un mot particulier qui se place devant le verbe et n'a pour mis» sion que d'exprimer ces nuances de temps ou de. mode. ' 2. //, lo, la, glif le, loro, tirés des divers cas du pronom ille^

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