CHAPITRE V
PÉTUARQUE.
Travaux d'érudition. — Laure de Noyés.
Sonnets; Canzoni ; Triomphes.
La transformation brillante par laquelle lltalie changeait' les esquisses de nos poètes en œuvres immortelles * ne tenait pas seulement à l'accident heureux de quelques hommes de génie : elle révélait déjà un fait bien important dans l'histoire des letti*es, la résurrection du goût et des formes antiques, l'union harmonieuse de l'inspiration du moyen âge avec les traditions de l'art grec et romain.
Si Dante est le grand « théologien » de son époque, s'il possède la connaissance de « tous les dogmes' », Dante est aussi élève de Virgile ; c'est par le poète d'Auguste qu'il se fait guider dans son enfer, « c'est de lui qu'il a pris ce beau style qui fait sa gloire » (Enfer y I, 87).
Après lui son œuvre réparatrice ne restera point abandonnée. Nous allons lui trouver à Florence même deux héritiers illustres avec qui commence à briller l'aurore de la Renaissance.
Dante avait eu pour compagnon d'exil un Florentin nommé Pierre, PetraccOy dont le fils François, Frcmcesco di PetraccOj prit plus tard le nom de Petrarca. Né en 1304 dans un des faubourgs d'Arezzo, Pétrarque hérita de la destinée errante de son père : toute sa vie ne fut qu'un long exil. Yaucluse même, sa solitude chérie, ne put fixer