Orden de Marte, copias 160... y
névciUez votre &ine assoupie, Ranimez Totre esprit qui dort,
Pour contempler Comme k grands pas s'enfuit la vie, Comme k pas muets vient la mort
Noas accabler;
Comme le vain plaisir s'envole, Comme dans no^re cœur blasé
Natt la douleur; Comme à notre penser frivole, Toujours le temps déjà passé
Fut le meillear ^
Recuerde el aima adormida AtIvo el 8080 y despierte
Contemplando Como se pasa la vida Gomo 80 Tieno la miierta
Tan callando;
Coan preato se Ta ol placer Como debpues do acorciado
Da dolor, Como a nuestro parecer Caalquiera tiempo pasado
Faé mojor.
Les stances où Jorge Manrique se rappelle Téclat d'une cour désormais éteinte, sont peut-être les meilleures de toutes. Dans . l'original elles font souvenir sans trop de désavantage des vers de notre Villon sur les Dames du temps passé : « Mats oit sont les neiges d'antan^ ? »
Qu'est devenu JudOi de Castille?
Les braves infants d'Aragon,
Oti donc sonl-ils?
Où sont ces rois, noble famille, De sang si fier, de cœur si bon.
D'esprits subtils?
1. Ici, comme ailleurs, nous avon^ reproduit avec une fidélité servile non seulement tous les mots du texte,' lAais eficore la coupe et l'entrelacement des vers. Nous espérons qu'on nous pardoaiera cet arrangement Dif peu extraordinaire pour des oreilles franQ;^i8e8
2. Voyez notre Histoire de la ^'l^érature françats^^ p.;22&. .
LITT. MÉB. * 13
Joutes, tournois, combats sans tréyefl^ Fourrures, manteaux éclatants,
Brillants cimiers.
Qu'étaient-ils, sinon de vains révM, Des fleurs que sème le printemps,
Sur les sentiers?
Oh sont, hélas I ces belles dames?
Gheveuk treseés, douces odeurs,
Longs vêtements?
Où sont les amoureuses flamme:) Qui jadis dévoraient les cœurs
De leurs amants?
Adieu les chants, noble science t Les luths qu'en un savant accord
Leurs doigts sonnaient :
Adieu les vers, adieu la danse.
Adieu les tissus brochés d'or
Qu'elles traînaient.
l Que se hizo el rey don Juâo r l Los infantes de Aragon
Qaé se hicieron?
l Que fué de tinto galan?
^ Que fué de tanta invencioD
Comotrujeron?
l Las jttstas y los torneos Paramentos, bordadura»
Y cimieras Fueron si no devaneos?
l Que fueron sioo Terduras De las eras?
l Que se hicieron las dama»
Sus tocados. sus testidos
Sus olores?
l Que se hicieron les Hamas
De los fùegos incendidos
De amadores?
l Que se bizo aqoel trotar
Las musicas acordadas
Que taiiian?
l Que se hizo aquel dançar,
. . Aquellas ropas chapadas
Que trayan?
Au milieu des tâtoimements du talent -et des erreurs du goût, TEspagne s'éclairait peu à peu des premières lueurs^
de la Renaissance. L'université de Salamanque fondée en 1254 par Alphonse le Sage était à la vérité peu prospère, mais de nombreux étudiants espagnols allaient chercher la science en France et en Italie. L'un d'eux, Antonio de Lebrija, rapporta de Bologne le goût et l'exemple des solides études classiques, et contribua puissamment à les propager par son enseignement et ses ouvrages. Ximenès fonda en 1499 une nouvelle université à Alcala de Hénarès. Les princes, les reines même se laissèrent gagner à cette noble mode du savoir antique. La reine Isabelle lisait et traduisait les discours de Gicéron. Jeanne sa fille, qui fut mère de Ghàrles-Quint, répondait sur-le-champ en latin aux harangues qui lui étaient adressées. La jeune noblesse se pressait aux leçons des maîtres italiens appelés par Isabelle. Quelques-uns d'entre eux, et des plus illustres par leur naissance, Don Gutierre de Tolède, fils du duc d'Albe, don Fernandez de Yelasco, depuis connétable de Cas tille, don Alphonse Manrique, fils du comte de Paredès, ne dédaignèrent pas d'occuper eux-mêmes des chaires dé grec et de latin aux universités ie Salamancpie et d' Alcala. Alors se multiplièrent les traductions des anciens : on put lire en castillan César, Appien, Plutarque, Plante, Salluste, Justin, Apulée, Hérodien. G*est ainsi (pie TÉspigne préludait par des travaux d'une érudition modeste à l'épanouissement de son iraagination et à l'âge de son génie poé* tique.
Itf6 L'ESPAGNE.